Guêpes
ter à rAssemblée et ne pas manquer les trois oboles ' : c Autrefois chacun venait à TAssemblée, apportant de quoi boire, du pain, deux oignons et trois olives. Aujourd'hui on veut gagner le triobole, et on travaille aux affaires de TÉtat comme des ouvriers à la journée *. • Nous venons d'énumérer ce que coûte la paix; mais au temps d'Aristophane, Athènes était en période de guerre. C'est alors que ne sufûsent plus les ressources régulières de TÉtat dont parle le poète : t tributs des villes, impôts spéciaux, nombreuses taxes du centième, droits de prytanée, droits sur les mines, sur les marchés, sur les ports, produits des loyers et des confiscations » '. Il faut en outre recourir aux contributions extraordinaires, aux eisphorai, qui pèsent presque exclusivement sur les riches. Ces contributions sont votées par l'Assemblée sur la proposition des orateurs. La majorité n'ayant à peu près rien à y perdre, se hâte de voter ces mesures fiscales, qui lui permettent de continuer la guerre. Les pauvres peuvent ainsi concilier Tamour-propre national et Tégoïsme particulier. « Vous avez dissipé l'épargne des aïeux, comme nous l'appelions, ce trésor amassé au temps des guerres Médiques, et, en revanche, vous ne payez aucune contribution extraordinaire *. » En effet, ce sont les riches qui paieront. Les orateurs tondent les riches en leur enlevant leur fortune, comineles barbiers rasent la barbe des gens ^. Toute cette politique est expliquée en un mot par Cléon. Il menace le marchand de boudins de lui jouer un mau-
d. Assemblée des femmes^ 289 et siiiy.