‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 52 sur 242 · Thucydide, III · texte numérisé non relu

Thucydide, III

3. D'après le calcul de Boeckh. Voyez à ce sujet, dans la Revue des Deux-Mondes d'octobre 18SS, un article de M. Guiraud : Vin» pût sur le capital d AlhcneSf p. 931 et suiv.

Ofr ARISTOPHANE.

tribut, parce qu'elles étaient plus souvent visitées par les contrôleurs athéniens et plus exposées aux représailles; comme leurs plaintes, plus facilement entendues, pouvaient faire illusion, les poètes comiques se firent leurs défenseurs et profitèrent de l'élévation du tribut décrétée en 425, pour prendre violemment à partie le gouvernement démocratique, au risque de provoquer une révolte générale et de fournir à Sparte les armes qu'elle cherchait.

Les attaques contre les tributs, tantôt plaisantes, tantôt furieuses, abondent dans les comédies d'Aristophane, et particulièrement dans les Chevaliers et dans les Guêpes. A l'entendre, depuis le Pont-Euxin jusqu'à la Sardaigne, Athènes met le monde hellénique en coupe réglée *. Armée d'un trident ', du haut d'un rocher, pareille à un pécheur de thons, elle surveille l'arrivée des tributs, et fait rentrer chez elle par la peur, par la force, par tous les moyens, l'argent des autres ^. Devant elle, les villes soumises défilent, apportant processionnellement leurs produits : Ténos ses scorpions et ses sycophantes, Chios ses navires, Cyzique ses statères ♦. C'est l'Assemblée qui peut seule imposer le tribut à une ville ou l'en exempter; c'est elle aussi qui, tous les quatre ans, fixe la somme totale à prélever; c'est le Sénat qui détermine la répartition; enfin, c'est l'Héliée qui reçoit les plaintes et règle les différends. Autant de causes d'abus, autant de puissances à ménager. Les orateurs qui ont l'oreille de l'Assemblée n'ont qu'à menacer quelques villes de leur faire payer le tribut; aussitôt»

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