‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 53 sur 242 · Eupolis, les Villes, fr · texte numérisé non relu

Eupolis, les Villes, fr

pour échapper à leurs foudres, elles leur envoient tout ce qu'elles ont, poisson salé, vin, tapis, fromage, miel, sésame, coussins, coupes, vêtements, couronnes, colliers, vases, tout ce qui procure la richesse et la santé ^ » Au Sénat, même comédie; le prytane reçoit de l'argent pour favoriser telle ville au détriment de telle autre * ; à l'Héliée, la calomnie et la délation se livrent carrière. Les villes infortunées, accablées de procès, ferment la bouche aux orateurs avec des pièces d'or •. Les finances^ d'un bout à l'autre, sont en proie aux concussionnaires; une partie seulement des revenus publics entre dans la caisse de l'État; le peuple en est réduit à ronger les. miettes de son empire *.

L'excès d'égalité entre les citoyens d'une république a pour conséquence ordinaire leur impuissance à Texterieur. Une nation sans hiérarchie et sans discipline est forcée d'être pacifique. Athènes, au contraire, malgré sa constitution, aimait les conquêtes, et à cause de sa situation géographique, elle était condamnée à en faire. Il lui fallait autour d'elle une ceinture de possession» maritimes pour assurer les mouvements de son commerce et pour la faire vivre ; sa démocratie reposait sur une clientèle d'États démocratiques comme elle. La nécessité de la défense nationale et l'élan irrésistible de la propagande démocratique créèrent l'empire athénien;

i. Guêpes, 673 et suiv.

Page 1