‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 57 sur 242 · Paix, 605 et suiv · texte numérisé non relu

Paix, 605 et suiv

vois-tu pas, dit un des personnages des Acharniens, quel jeu difficile tu vas jouer, en essayant de parler en faveur de Lacédémoniens? » — t Je dirai mon avis sur les Lacédémoniens, réplique Dicéopolis, le partisan de la paix; et cependant, j'ai bien peur; je connais le caractère des paysans; ils aiment bien qu'un hâbleur les loue, eux et la ville, à tort et à travers, et ils ne voient pas qu'on se moque d'eux*. » Dicéopolis se garde de faire l'éloge des Lacédémoniens; il accorde à leurs ennemis tout ce qu'ils désirent, f Pour moi, je hais fort les Lacédémoniens. Que Poséidon, dieu du Ténare, ébranle et renverse sur eux toutes leurs maisons, car ils m'ont coupé mes vignes'. » Le chœur vient à son tour développer le môme refrain patriotique. Il en veut à Dicéopolis qui a conclu une trêve avec l'ennemi. « Comment aurais-tu raison, toi qui as osé traiter, ne fût-ce qu'une fois, avec des gens qui n'ont ni autel, ni foi, ni serment'? » Pourrait-on se défier d'un poète qui exprime avec tant de vivacité le sentiment populaire? On sera donc prêt à l'écouter lorsqu'il ajoutera : • Je sais que les Laconiens, contre qui nous nous acharnons trop, ne sont pas la cause de tous nos ennuis... Voyons, car nous sommes ici entre amis — pourquoi accuser de la guerre les Lacédémoniens? » Ce ton de bonhomie convaincue et raisonnable lui permet de travestir ensuite Thistoire des origines de la guerre de telle sorte qu'on ne puisse pas en accuser les Lacédémoniens. Ils se sont bornés à demander aux Athéniens de rapporter le décret injuste lancé contre Mégare. f Nous n'avons pas voulu céder à leurs prières répétées, et ce fut partout un cliquetis de

i. Aehamiens, 369 et sniv.

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