Chevaliers
i02 ^ ARISTOPHANE.
paix équivoque ; Périclès, Gléon, Hyperboles, Cléophon sont Vun après l'autre, sans distinction, l'objet de leurs attaques. Chaque fois qu'une occasion de signer un traité de paix quelconque s'est offerte, et que les chefs du parti démocratique s'y sont opposés, les poètes comiques attribuent leur refus aux motifs les plus bas. D'abord, après la prise de Pylos, Cléon n'a pas voulu de la pai:?. Un envoyé de Sparte, Archeptolème, l'apportait; Cléon Ta jetée à terre *; toutes les ambassades pacifiques, il h s chasse de la ville à coups de pied au derrière. La paix venait d'elle-même; Cléon l'a renvoyée à coups de fourche; elle avait dans les mains une corbeille pleine de trêves, Le peuple a voté contre elle dans l'Assemblée *. La paix, la paix quand môme, la paix à tout prix, voilà Tunique point de vue d'Aristophane. Il se méfie de toutes les alliances, et dans la politique extérieure de la démocratie, 1 ne veut voir que des affaires de pots-de-vin. Cléon essayait de conclure une alliance avec Argos contre Sparte; Aristophane l'accuse de s'entendre pour de l'argent avec l'ennemi*. Une seule fois, il se donne la peine de chercher les véritables sentiments des peuples grecs, et il les démêle avec une grande sûreté de jugement. Il montre les Argiens douteux et trompeurs, faisant semblant de vouloir la paix et recevant des présents des deux mains; à Sparte, les paysans travaillant seuls sans arrière-pensée pour un accord ; les Béotiens prêts à trahir, les Mégariens désireux de la paix, parce qu'ils étaient affamés; à Athènes même, la population divisée, hésitante entre son goût pour le repos et son amourpropre. Il résulte de cette analyse qu'au milieu de toutes