‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 62 sur 242 · Thucydide, I · texte numérisé non relu

Thucydide, I

LE OOUVER^EME.NT. — LES INSTITDTIONS. 107

ment; nous en profitons, sachant que vous et d'autres vous feriez de môme si vous aviez notre puissance *. » Plus brutalement encore, dans son discours sur les Mytiléniens, Cléon exprime la môme idée, f Si leur défection est légitime, votre domination est injuste; mais si, contre le droit, vous croyez devoir être les maîtres, i\ vous faut aussi, contrairement à la justice, mais dans votre intérêt, les châtier. Sinon, renoncez à la domination, et donnez-vous le plaisir d'une honnêteté sans péril*. » A côté de ces paroles, tranchantes comme le fer, les ironies les plus mordantes d'Aristophane paraissent innocentes, et l'on ne se demande même pas lequel des deux, de l'orateur démocratique ou du pamphlétaire conservateur, a été le plus dur pour son pays. La politique extérieure des Athéniens est donc une politique d'ambitieux. Ils veulent conquérir, bien que leur constitution les rende impropres à la conquête. Dans tous les discours que Thucydide met dans la bouche des orateurs athéniens, l'idée de l'hégémonie d'Athènes domine; elle hante tous les esprits, elle s'étale dans tous les panégyriques. Contre cette hégémonie, Lacédémone a soulevé une partie de la Grèce. « Cette ville, dit-elle, qui, au milieu de la Grèce, s'est érigée en tyran, et dont la tyrannie nous menace tous également, qui, ayant déjà asservi les uns, pense à asservir les autres, marchons contre elle, réduisons- la, et nous serons tranquilles nousmêmes, et, libres pour toujours, nous aurons délivré les Hellènes asservis '. » Pour cette hégémonie, Athènes luttera jusqu'à complet épuisement. Ses premiers succès lui laisseront l'espoir de l'emporter définitivement, et elle

i. Thucydide, V, dOo, t>.

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