Thucydide, I
repoiiss'Ta avec un entêtement aveugle toutes les pro* positions de paix qui ne seraient pas Thumiliation de ses ennouiis. f Leur bonheur présent, dit Thucydide après le succès de Pylos, leur donnait la prétention que rien ne leur résistât. Ils pensaient qu'on vient à bout du possible et de l'impossible avec des ressources considérables et tout aussi bien avec d'insufûsantes. La cause en était que des succès inattendus, dans la plupart de leurs entreprises, leur inspiraient un espoir invincible *. »
Les plus clairvoyants parmi les démocrates comprenaient que la forme de gouvernement à laquelle le peuple était si attaché ne permettait pas la politique suivie, forte et calculée qu'exigeaient de pareilles espérances; ils sentaient qu'une cité démocratique n'était pas faite pour l'empire. Dans toutes les comédies d'Aristophane on ne trouverait pas contre la politique d'Athènes une pensée plus juste que celle par où Gléon commençait son discours sur les affaires de Mytilène : « Souvent déjà, dans d'autres circonstances, j'ai reconnu qu'une démocratie est incapable de commander aux autres peuples*. » Celte domination dont ils sont si avides, et qui leur échappe, Aristophane la leur attribue pour toujours, mais dans le pays des rêves. C'est là, dans la cité chimérique des Oiseaux, que ce peuple à l'imagination aventureuse jouira du pouvoir qu'il ambitionne, et épousera eniin Royauté, fiancée à laquelle il fait depuis si longtemps la cour. Le voici qui apparaît sur les hauteurs éthérces, dans son palais étincelant d'or, entouré de parfums, armé de la foudre, tenant par la main sa nouvelle épouse. Les chants de triomphe montent jusqu'à lui avec l'encens des adorateurs, c lumière d'or, puissante lu«