Thucydide, III
mière de l'éclair, ô traits divins du feu de Zeusl tonnerres retentissants qui versez la pluie! C'est notre roi qui vous lance maintenant et ébranle la terre. Par toi, gouvernant le monde, il fait asseoir à côté de lui Basileia, ille de Zeus. hymen hyménée * ! »
Ces extraits, me semble-t-il, suffisent. On voit que Thucydide et Aristophane paraissent jusqu'ici d'accord sur le fond des choses; ils ont observé et constaté dans le régime démocratique d'Athènes les mêmes vices; l'historien a seulement indiqué ce que le poète développait et mettait au point de vue du théâtre. Si l'on voulait donner à cette double exposition une conclusion logique, c'est encore Thucydide qui nous la fournirait. Je là trouverais dans le discours qu'Alcibiade, revenant de la Sicile, prononça à Lacédémone. Il y juge la démocratie avec la clairvoyance cruelle d'un homme qui en a été le favori et la victime. « Nous connaissons bien la démocratie, nous tous, gens éclairés, et moi surtout, qui aurais plus qu'un autre tant de reproches à lui faire. Mais que pourrais-je dire de nouveau sur elle? Est-ce que tout le monde ne reconnaît pas qu'elle est une bêtise ' ? »
Une bêtise, voilà bien le mot qui ressort de toute la critique d'Aristophane, et dont un grave témoin, comme Thucydide, semble attester l'exactitude. Il est vrai qu'en réunissant en un seul faisceau tant de traits épars dans les pièces du grand comique, j'ai risqué volontairement d'en exagérer la portée et la force. Mais il fallait bien qu'il les dispersât à travers ses pièces; en ne lui aurait jamais permis de réciter sur le théâtre un pareil réquisitoire. Néanmoins, l'impression produite par la lecture de ses comédies se rapproche beaucoup de celle que
i. Oiseaux, 1748 < t suiv.