‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 66 sur 242 · nèp. d\Uh., I · texte numérisé non relu

nèp. d\Uh., I

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La solde des héliastes les irrite particulièrement; elle était pourtant aussi nécessaire que les autres. Les fonctions de juge étaient des plus lourdes, et parce que le sort pouvait les attribuer aux citoyens les plus pauvres, elles étaient rémunérées. Au prix où la guerre avait fait monter les denrées les plus communes, l'huile par exemple, comment les juges auraient-ils pu vivre, sans leur solde? Lorsque Philocléon revient du tribunal, après une longue séance, sa femme lui sert une galette soufflée ; comme il n'y a pas de vin à la maison, il a dû en acheter sur sa route. Luxe assez rare, semble-t-il, à en juger par la joie avec laquelle il s'en régale *. Cependant Philocléon n'est pas un citoyen des plus pauvres; par la somptuosité de son festin, on peut deviner ce que pouvait être l'ordinaire des autres. L'institution de la solde était donc la conséquence inévitable de l'établissement de la démocratie ; en l'attaquant, le poète s'en prend encore à la démocratie elle-même. Mais son plaidoyer n'est pas de bonne foi. Il s'irrite contre les dépenses qui diminuent l'influence de l'aristocratie ; il ne dit rien de celles dont il profite lui-même indirectement. Dans toutes ses satires sur le gaspillage de la fortune publique, il n'y a pas un mot contre le théorique. L'argent du théorique^ consacré en partie aux représentations dramatiques, était l'argent du plaisir; chaque citoyen recevait deux oboles pour pouvoir passer sa journée au théâtre pendant les grandes fêtes de l'année ; Aristophane n'y trouvait rien à redire, quoique l'État y dépensât vingt-cinq à trente talents par an (150,000-170,000 francs)*. Cette dépense, faite pour les dieux, était sacrée, et la piété du poète l'a toujours respectée.

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