‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 67 sur 242 · Guêpes, 610 et suiv · texte numérisé non relu

Guêpes, 610 et suiv

12. D'upiôs le calcul de Boeckh, Slaats., 3^ éd., I, p. 206 et suiv

Il ne serait pas plus juste de plaindre avec Aristophane les malheureux riches qui supportaient avec tant de courage le fardeau du service militaire. Au contraire, l'indiscipline et la mauvaise volonté des classes riches qui servaient parmi les hoplites et formaient le corps des chevaliers, ont été un obstacle à la bonne conduite de la guerre. Aristophane fait sonner bien haut l'héroïsme que les chevaliers montrèrent dans Taiïaire de Cenchrées, mais il oublie de dire qu'en d'autres rencontres, à Délium notamment, ils se débandèrent. Il y a certainement quelque chose d'exact dans le témoignage du scoliaste sur l'action de lâcheté que Gléon aurait intentée aux chevaliers, sans doute pour n'avoir pas voulu tenir la campagne autour d'Athènes pendant l'invasion lacédémonienne *, et les vers ironiques par lesquels Aristophane rappelle ce fait ne sont pas à la gloire de ses clients. « Vous tombez tous sur moi, dit Cléon aux chevaliers, et c'est à cause de vous, mes amis, que je suis trappe, au moment où j'allais dire au Sénat qu'il était juste d'élever dans la ville un monument de votre courage *. » Ce monument de leur courage, dont parle ironiquement Gléon, c'est sans doute une proposition dirigée contre les chevaliers à la suite de faits d'indiscipline. De pareils faits n'étaient pas rares, comme l'atteste encore Xénophon, par la bouche de Socrate : « Ne vois-tu pas quelle discipline règne parmi les matelots? N'est-il pas étonnant que ces gens-là obéissent à leurs chefs, tandis que les hoplites et les chevaliers, qui semblent être l'élite de tous les citoyens, sont de tous les moins disciplines ^ ? »

i. Chevaliers^ 226, scol. ; cf. Gilbert, Beitraege zur innern Ge>chichte Athens im Zeitalter des peloponnesischen KriegeSy p. 133 et suiv. Leipzig, Teubner, 4H77.

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