‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 69 sur 242 · Lyaislrata, b'6j · texte numérisé non relu

Lyaislrata, b'6j

ii^ ARISTOPHANE.

roir. On ne t'aperçoit pas que la justice et Thiimanifé y ai^nt beaucoup gagné. Des élères de Socrate, comme Critia«, se sont montrés cent fois plus cruels que ne l'avait jamais été un Cléon. Ils en avaient conscience eux m^mes : un des leurs, et des plus intelligents, Phrynichos, au moment où allait éclater la conjuration des Ouatre-(^nts, en prévoyait les conséquences. Les autres comptaient que les villes sujettes, apprenant la révolution, allaient se soulever contre la démocratie, et accueillir les aristocrates comme des sauveurs. N'en croyez Tuiti, leur disait Phrynichos, • les alliés ne tiennent pas plus à être esclaves sous l'oligarchie que sous la d/imocratie; ce qu'ils préféreraient, c'est la liberté avec n'importe lequel de ces deux gouvernements. Or, ils comprennent que les honnêtes gens, comme on les appelle, leur donneront tout autant d'ennuis que le peuple, car ce sont eux qui conseillent le peuple et lui in(li(]ucnt les moyens de commettre les crimes dont ils profitent pour la plus grande part. La domination des nobles, c'est la condamnation sans jugement, la violence, la mort, tandis qu'on trouve dans le peuple un refuge pour soi et un juge contre eux*. » Le peuple, c'est encore la loi, mal observée peut-être, mais encore maintenue; avec l'aristocratie, l'arbitraire remplace ouvertement la justice. Ainsi, un des principaux chefs de roligarchio retournait contre elle les reproches dont Aristophane accablait la démocratie. Cela suffit, sinon à absoudre celle-ci, du moinsàjuger ceux qui l'accusaient. J'arrive enlln à cette question de la guerre, le vcritublo grief des nobles contre la démocratie. En effet, la guerre, en soulevant les passions, en surexcitant les

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