‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 70 sur 242 · Thucyaido. VIII, 43. tt · texte numérisé non relu

Thucyaido. VIII, 43. tt

énergies, en tendant les ressorts de Tadministration et du pouvoir, avait montré quelles ressources la démocratie tenait en réserve pour l'action, mais aussi tout le mai qu'elle pouvait faire. C'était Tépreuve la plus difficile pour la vertu et pour la raison du peuple. On y passait d'un extrême à l'autre ; l'abattement succédait à l'enthousiasme, le désordre à la discipline, les mesures les plus arbitraires aux mouvements les plus généreux. L'autorité n'étant pas régulièrement obéie, rachetait par des abus de pouvoir des excès de facilité. L'anarchie était tempérée par la dictature. Contradiction inévitable, au milieu de circonstances extraordinaires, dans un gouvernement qui reposait sur l'intelligence et la patience de la majorité. Est-il étonnant que parfois l'une et l'autre vinssent à faire défaut?

Cette guerre pouvait-elle du moins être évitée ? Aux accusations frivoles dont Aristophane s'est fait l'écho, et qui étaient évidemment répétées par l'opinion, Thucydide répond que la guerre était inévitable, et que l'agrandissement d'Athènes en fut la cause fatale, la seule pourtant dont on ne disait rien *. De l'aveu même des Lacédémoniens, les Grecs ne savaient pas qui l'avait commencée. Cette guerre pouvait-elle, une fois commencée, être terminée plus tôt et plus heureusement? La question sera toujours débattue et jamais résolue. On pourra toujours soutenir, mais on ne pourra jamais démontrer que les Athéniens auraient dû conclure la paix après la prise de Pylos, ou après la victoire de Cyzique, ou encore, après le succès des Arginuses. Ceux qui traitent les Athéniens d'insensés, en alléguant leur défaite détinitive, triomphent trop aisément à l'aide du

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