Chevaliers f 551 et su! v. ,581 et suiv
du bouclier, enivrés de courage; debout, homme contro homme, de rage, nous nous mordions les lèvres jusqu'au sang; sous le nuage des traits, on ne voyait plus le ciel. Cependant, nous les repoussâmes vers le soir; une chouette, avant le combat, avait volé au-dessus de notre armée. Puis nous les poursuivîmes, avec l'aide des dieux, les frappant comme des thons, Tépée aux reins; et ils fuyaient, piqués aux joues et aux yeux. Aussi, maintenant encore, dit-on partout chez les barbares qu'il n'y a rien de plus terrible que la guêpe attique *. » Combien de développements analogues de poètes tragiques, d'historiens et d'orateurs rappellent ce passage ! Jamais cependant aucun d'eux n'a exprimé avec plus de vivacité l'orgueil national, et Ton comprend que les Athéniens n'aient jamais pu considérer comme un traître l'homme qui leur fournissait, en si beaux vers, l'occasion de s'admirer.
Le patriotisme d'Aristophane n'est môme pas tout entier tourné vers le passé; à propos du présent, il trouve çà et là des expressions émues pour déplorer les maux de la guerre et les misères de la politique. € Athéniens et Lacédémoniens, je veux vous faire un reproche que vous méritez également. Vous qui lavez de la même eau lustrale des autels communs, comme des frères, à Olympie, à Pylos, à Pytho, — combien d'autres lieux je pourrais citer si je voulais tous les énumérer, — en face des barbares, vos ennemis, vous tuez des citoyens grecs, vous saccagez des villes grecques *. » Ne reconnaît-on pas dans ces belles paroles l'indication d'une politique qui fut celle des plus distingués parmi les Athéniens, et dont Isocrate a été I3
^. Guêpes y 4075 et siiiv.