‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 76 sur 242 · Thucydide, II, Go · texte numérisé non relu

Thucydide, II, Go

134 ARISTOPHA.NB.

•qaes, l'employait à satisfaire ses caprices. U avait autour de lui, comme Pisistrate, une garde du corps composée de jeunes favoris ' auxquels il distribuait les charges publiques. On disait de Tun de ces courtisans : c Métiochos €st stratège, Métiochos surveille les routes, Métiochos surveille les approvisionnements, Métiochos a Tintendance des grains, Métiochos fait tout; il en cuira à Métio- <;hos '. » Un autre, nommé Ménippe, avait une femme qui plaisait à Périclès; celui-ci en fit sa maltresse et paya le mari en le nommant stratège'.

Ainsi la comédie attaquait Périclès dans sa vie privée. •C'était le plus sûr moyen de l'atteindre et de le blesser au cœur. A en juger par les fragments de Cratinus, ci*Hermippe et d'autres, tous ces poètes se sont acharnés surtout à salir de leurs injures le nom d'Aspasie. Si Périclès était comparé à Zeus, on donnait ironiquement le nom de Héra à sa maltresse. Ainsi, une femme étrangère, une courtisane de Milet, célèbre par les nombreux amants qu'elle avait eus avant Périclès, et dont la maison était une véritable maison de prostitution, usurpait le titre d'épouse de l'homme qui gouvernait Athènes! ■Son rôle auprès de ce héros rappelait celui des femmes Jes plus tristement illustres de la légende. C'était rOmphale aux pieds de laquelle le nouvel Héraclès oubliait ses devoirs et sa dignité; c'était la Déjanirc qui le tuait de ses poisons mortels; c*était l'Hélène pour qui il mettait la Grèce à feu et à sang *. Dans un vers d'une concision énergique, Cratinus disait que la • déesse •des accouplements immondes avait enfanté cette prosti-

i. Plutarque, Vie de PérUlèt, 16.

Page 1