‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 77 sur 242 · Plutarque, Vie de PéricVt, ii · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de PéricVt, ii

tuée aux yeux de chienne, Héra-Aspasie * >. Il ne faut pas s'étonner de ces outrages; ils touchaient au point faible de la vie de Périclès. Son mariage illégal avec Aspasie était, pour la plupart des Athéniens, un défi jeté à leurs traditions les plus respectables. La famille, sur qui reposait tout l'État, ne pouvait subsister que par la pureté du mariage; Périclès donnait l'exemple d'y faire entreries courtisanes. La foule ne pouvait pas comprendre les besoins du cœur et de l'esprit qui avaient si intimement uni Périclès avec cette muse aux mœurs libres. Les comiques ne nous ont rien laissé, ni sur le procès d'Aspasie, ni, si ce n'est un mot d'Aristophane, sur ceux de Phidias et d'Anaxagore, que suivit presque immédiatement la guerre du Péloponnèse. Au contraire, nous avons plusieurs passages des comédies du temps d'après lesquels on peut juger la situation de Périclès au moment où cette guerre éclata. Les efforts répétés de ses adversaires de tous les partis avaient abouti. Périclès, menacé dans son influence, arrivé d'ailleurs à un âge avancé, sentant qu'une lutte suprême entre Athènes et Sparte était inévitable, et que seul il était en état de la conduire, ne fit rien pour l'éviter. A coup sûr il aurait pu au moins en retarder l'explosion. Voilà pourquoi on l'accusa d'avoir voulu cette guerre, et de l'avoir voulue dans une pensée personnelle. Que ce fût à cause du procès de Phidias, et pour en éviter un semblable, que ce fût pour ne pas déplaire à Aspasie, une chose paraissait certaine, c'est que des intérêts ou des passions égoïstes l'avaient emporté dans son esprit sur l'intérêt de la pairie. La guerre était pour lui une diversion aux agitations intérieures et un moyen de garder le pouvoir.

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