‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 78 sur 242 · Cnlinus, fr. 2 il · texte numérisé non relu

Cnlinus, fr. 2 il

€ Des jeunes gens ivres étant allés à Mégare enlèvent la prostituée Simétha. Alors les Mégariens, enflés de colère, s'emparèrent à leur tour de deux prostituées d'Aspasie. Ainsi la guerre éclata parmi les Hellènes à cause de trois filles de joie*. » Voilà la version d'Aristophane, écho des méchants bruits qui couraient par les rues. Parmi les causes complexes qui précèdent les grands événements, les contemporains saisissent rarement la vraie cause déterminante et s'arrêtent de préférence aux plus futiles. Jusqu'à quel point, d'ailleurs, dans l'esprit d'un politique comme Périclès, les motifs égoïstes pouvaientils se mêler aux considérations désintéressées? C'est là le secret des grands hommes. Peut-être confondent-ils sans en avoir conscience et par une illusion naturelle le désir de leur propre grandeur avec la conviction de servir leur patrie. Entre la gloire d'Athènes et la gloire ■de Périclès, Périclès ne faisait aucune différence. Il oubliait que les hommes disparaissent et que leurs <£uvres périssent, tandis que la patrie dure.

La guerre fut déclarée; les Lacédémoniens envahirent l'Attique pendant Thiver de 431. Enfermés dans les murs d'Athènes, les Athéniens assistaient, immobiles, à ia ruine de leur territoire. Alors un concert de malédictions s'éleva contre Périclès qui avait conseillé et fait prévaloir cette tactique. Le peuple, étouffant dans l'enceinte de la ville', demandait à faire une sortie*. Périclès s'y opposait, et, pour éviter une agitation politique, il abusait de son pouvoir en ne convoquant pas rAssemblée*. Nobles et démocrates coalisés cherchaien

i. Acharnieiis, 524 et siiiv.

2. Thucydide, II, 14; II, 16; II, i7, ;î. Thucydide, II, 21, 2 et suiv.

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