‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 80 sur 242 · Eupolis, Démes, fr · texte numérisé non relu

Eupolis, Démes, fr

3. Eupolis, Démes, fr. 9A, 95, 96. Démostrate était un de ceux qui avaient le plus activement poussé à Texpédition de Sicile. L'épilhète de criminel, àXiT/.pio;, dont Eupolis le qualifie, prouve

' que la pièce a dû être représentée après le désastre, en 412.

Périclès comme un des héros protecteurs de la patrie, à côté de Miltiade, d'Aristide et de Solon*. Ainsi, lesmômes poètes comiques qui avaient couvert Périclès des injures les plus viles, dans un intérêt de parti, n'eurent aucun scrupule, dans le même intérêt, à le canoniser.

En réalité, le parti aristocratique ne pardonna jamais sincèrement à Périclès de l'avoir dépouillé de ses privilèges. Il était mort depuis plus de trois ans lorsque Aristophane, en 425, dans les Acharniens, le dénonçait avec indignation comme l'auteur de la guerre. Plus tard encore, en 422, dans les Guêpes, Aristophane ne se montrait pas plus favorable à sa mémoire. Avant de commencer son plaidoyer contre le salaire des juges, Bdclycléon s'excuse en disant : « C'est une entreprise difficile et trop sérieuse pour la comédie, que de guérir cette maladie chronique dont la ville souffre depuis longtemps^. » Elle en souffrait en effet depuis que Périclès la lui avait inoculée, et c'est bien Périclès que désignent ici les vers du poète. Tel était donc, sur la politique de Périclès, le point de vue contemporain. Interprétée par la haute pensée de Thucydide, cette politique nous paraît aujourd'hui digne d'admiration, et très différente de celle de ses successeurs. Cependant, peut-on dire que les adversaires de Périclès eussent tout à fait tort en soutenant qu'il avait trop présumé des forces d'Athènes, et qu'il l'avait exposée à la légère dans une lutte où elle devait être vaincue? Se trompaient-ilscomplètement en prétendant que la tactique défensive recommandée par Périclès n'était pas la meilleure, et que la ville y dépenserait sans profit sa fortune? Quant à sa politique intérieure, les conservateurs éclairés n'avaient-

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