Chevaliers, 16i et suiv
7. Chevaliers, passim; les allusions à ravldité de Géon y abondent
S. Guêpes, 970 et suiv*
iU ARISTOPHANE.
lui paraissait, plus que tout autre Athénien, réunir les traits essentiels de ce type. D'ailleurs, après la mort de Cléon, dans sa comédie de la Paix, Aristophane a porté sur son ennemi un jugement assez différent, mais plus sobre et plus précis. C'était, dit-il, un coquin, bavard et sycophante, un agitateur et un agent de désordre *. Ce jugement d'Arislophcne fait penser à celui de Thucydide qui appelle Cléon un démagogue d'une extrême violence' et lui reproche d'avoir voulu continuer la guerre parce que pendant la paix il eût été plus facile de voir ses crimes et de démasquer ses calomnies •. Ce rapprochement est significatif; il dispose à croire d'avance qu'Aristophane ne s'est pas trompé, à moins que Thucydide ne se soit trompé comme lui; la sévérité de l'historien justifie les invectives du poète . Il reste pourtant à savoir si l'un et l'autre, en marquant ainsi d'une flétrissure le nom de Cléon, n'ont obéi qu'au désir de dire la vérité, et s'ils l'ont dite. .
Clcon apparaît pour la première fois dans le procès d'Anaxagore où il fut, dit-on, l'un des accusateurs*. Le fait n'a rien d'invraisemblable; Anaxagore était l'ami de Périclès, et c'est dans la coalition des ennemis de Périclès que Cléon a dû chercher tout d'abord à jouer un rôle. Anaxagore était accusé d'impiété; cette accusation ne doit pas surprendre de la part de Cléon qui resta très conservateur, comme le peuple lui-même, dans les questions religieuses. Sans être ignorant, comme le laisse entendre Aristophane, il n'avait pas eu l'éducation raffinée d'une partie de la jeunesse aristocratique; il no