‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 84 sur 242 · Diogène de Lacrtc, III · texte numérisé non relu

Diogène de Lacrtc, III

s'était pas mis àrécole des sophistes. Son discours sur la révolte de Mytilène est dirigé contre les orateurs formés à cette école. Dans les Chevaliers, l'importance que Cléon et Démos attribuent aux oracles, prouve leur commun attachement aux vieilles croyances et aux pratiques de la piété. Cléon s'inquiétait peu de comprendre et déjuger les spéculations philosophiques auxquelles se livrait Anaxagore, mais il voyait dans le philosophe et dans la plupart de ses amis des adversaires de la démocratie. C'est à ce point de vue, le seul auquel pût se placer un homme de ce temps, qu'il convient de juger sa conduite dans cette circonstance. 11 accusa le philosophe Anaxagore comme un ennemi de l'État. Plus tard, il aurait certainement figuré parmi les démocrates qui condamnèrent Socrate.

On retrouve encore Cléon deux ou trois ans plus tard, comme, accusateur dans le procès de Périclès * . Il unit ses efforts à ceux de l'oligarchie pour renverser l'homme qui faisait obstacle à son ambition et dont il désapprouvait la politique. Périclès était accusé de concussion; en réalité, la manière dont il conduisait la guerre lui avait aliéné presque toute la population. Cléon, jeune, ardent, téméraire peut-être, s'opposait à la méthode de guerre défensive suivie par Périclès et soutenait la nécessité d'une action plus hardie; son patriotisme affectait une outrance qui excitait les applaudissements de la foule. Il réussit à obtenir la condamnation de Périclès.

Quelques mois plus tard, la ville révoltée de Potidée, assiégée depuis le commencement de la guerre, capitula; les habitants eurent la vie sauve et purent se réfugier en Chalcidique. Les Athéniens, qui auraient vpulu prendre

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