‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 85 sur 242 · Ilermippe, fr · texte numérisé non relu

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▲niSTOPUAKS. O

146 ARISTOPUANE.

Potidée sans condition et réduire les habitants en esclavage ou les faire périr, accusèrent les stratèges de haute trahison. On ne sait quelle fut la conduite de Cléon dans cette circonstance : Aristophane lui reproche dans les Chevaliers d'avoir reçu dix talents, près de 60,000 francs, de la ville de Potidée *. Se fait-il ici l'écho d'un bruit qui avait couru à Athènes, ou n'y a-t-il pas plutôt dans cette accusation une ironie? Si Ton s'en rapporte à l'attitude que prit Cléon dans l'affaire de Mytilène, Cléon avait dû, dans l'Assemblée, insister pour que les habitants de Potidée fussent traités avec la dernière rigueur, et attaquer avec violence les stratèges qui avaient accepté la soumission des rebelles sans prévenir le peuple. C'est ainsi qu'il agit à l'égard des habitants de Mytilène, et cependant Aristophane dit qu'il reçut d'eux un présenta L'analogie des deux circonstances et des deux accusations doit conduire à des conclusions analogues : il est certain que Cléon ne se fit pas payer par les habitants de Mytilène pour demander leur mort. Il en a été de même pour ceux de Potidée. Conçoit-on qu'une ville prise et ruinée, dont les habitants, réduits à un peu de nourriture et un seul vêtement, sont obligés de chercher un asile, ait offert une somme considérable à l'homme qui trouvait encore ce traitement trop doux? La double accusation d'Aristophane est donc une plaisanterie cruelle sur la férocité de Cléon qui fait condamner à mort ceux dont il reçoit de l'argent. C'est un trait de satire qu'on a eu le tort de prendre pour une vérité historique.

C'est au commencement de l'année 427 qu'eut lieu l'affaire de Mytilène. Cléon avait acquis une grande iniluence sur l'Assemblée du peuple; il était celui des

^. CUeoaliers, 438.

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