‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 87 sur 242 · Thucydide, IV, 12:2, G · texte numérisé non relu

Thucydide, IV, 12:2, G

LE O0UVERNF.MENT. — LES HOMMES. iÂ'}

dont il défendait résolument les intérêts, l'avait pris pour conseiller.

C'est alors qu'éclata raffaire de Sphactérie. Lorsqu'au commencement de Tannée 426 Lacédémone envoya une ■ambassade à Athènes pour demander la paix, Cléon fit échouer cette tentative en demandant aux députés de Sparte de venir exposer leurs prétentions devant l'Assemblée du peuple, au lieu de nommer, comme ils l'auraient désiré, une commission extraordinaire. Cléon craignait que les commissaires choisis pour traiter avec Sparte ne fussent trop faciles à acheter; il redoutait l'action secrète des riches, et ses craintes semblent justifiées par le refus des envoyés Spartiates de paraître devant l'Assemblée. D'ailleurs, il ne voulait pas d'une paix qui n'aurait pas assuré l'hégémonie d'Athènes. Lacédénione, après avoir repoussé les propositions des Athéniens en 430, venait maintenant, pour obtenir la liberté des Spartiates enfermés à Sphactérie, faire des ouvertures de paix. Mais quelle confiance pouvait-on avoir dans ses déclarations? La fortune, à ce moment, paraissait favorable à Athènes; Tespoir de vaincre s'appuyait sur des présomptions solides. Pourquoi les Athéniens auraient-ils accepté la paix le jour même où ils croyaient tenir leurs ennemis à leur discrétion? C'eût été peut-être — du moins nous le jugeons ainsi maintenant — un acte de haute raison; Cléon ne le comprit •pas, et le peuple entraîné par lui décida de continuer la guerre *.

On connaît les événements qui suivirent. Le blocus de Sphactérie durait toujours, et les assiégeants souffraient autant que les assiégés. Cléon, dans un mouvement

Page 1