‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 88 sur 242 · Thucydide, IV · texte numérisé non relu

Thucydide, IV

-i^O ARISTOPHANE.

<1 iinpalicncft contre ceux qui conduisaient le siège, irrité de leurs lenteurs, emporté par la violence et la <lériance qui étaient le fond de sa nature, s'écria que s'il était à la tôle des troupes, il en aurait bientôt fini. On veut alors le prendre au mot ; il sent qu'il s'est trop avancé, et il tâche de se dérober. On insiste; les adversaires de Cléon, mettant leurs rancunes avant leur patriotisme, seraient ravis d'exposer Cléon à un échec, ^lût l'armée périr avec lui; la foule, incapable de cal- «culer son imprudence et trouvant le tour bien joué, applaudit; Cléon poussé à bout, comprenant que sa fortune politique est en jeu, accepte la partie, et, investi des fonctions de stratège extraordinaire, quoiqu'il n'ait jamais commandé une armée, il s'engage à ramener dans vingt jours les Spartiates prisonniers. Tout le monde en cette affaire avait manqué de sang-froid; mais il est juste de dire que les torts les plus graves n'étaient pas du côté de Cléon '. Il eut du moins la sagesse de prendre les précautions nécessaires et le bonheur de réussir. Au bout de vingt jours il ramenait à Athènes deux cent quatre-vingt-douze prisonniers, dont cent vingt Spartiates; le peuple émerveillé le couronnait, lui accordait les honneurs du prytanée et le nommait stratège aux élections de 425. Cléon était, comme jadis Périclès, le maître d'Athènes. Il en profita pour faire «lever le tribut ' des villes alliées et la solde des juges '. Plus la guerre continuait, plus il était nécessaire de trouver des ressources nouvelles, et plus la démocratie prenait une part active à la conduite des affaires, plus

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