Thucydide, III, i
4. llavoOpYo;. XàXo;, cnixoçàvrific» )t'jxy,0pov, TotpaxTpov, telles sont les expressions d'Aristophane éî propos de Cléon (Paix, 652 et «uiv.);6r)(jLXYWY^Ç* piaiixaTo;, xoxoupYwv, ôiapàXXwv, tels sont les qualihcalifs correspondants de Thucydide. On ne peut pas soutenir que xaxoupYt^v et^cavoupYoc soient synonymes do (i)poGoxû)v.
Tenons-nous en donc à ces dernières paroles prononcées par Aristophane sur son ennemi mort ; elles infirment ce qu'il disait de lui de son vivant; Aristophane, une fois de plus, se sera réfuté lui-môme *.
Il est remarquable aussi que pour caractériser l'action •de Périclès et celle de Cléon, Aristophane ait employé la même image; il a dit de l'un et de l'autre qu'ils avaient bouleversé la Grèce *. La conduite de Cléon paraît en effet avoir été dirigée uniquement par la pensée de la guerre. Il conduisit cette guerre malgré l'opposition des riches, «n s'appuyant sur la foule, et, voulant le succès de sa patrie, il ne recula devant rien pour forcer la victoire. C'est pour donner à la guerre une impulsion vigoureuse que Cléon augmenta par tous les moyens les revenus de rÉtat,qu'ilcherchaàprévenirparunesévérité impitoyable «toutes les tentatives de défection, qu'il contraignit à la discipline les citoyens les plus récalcitrants, qu'il poursuivit sans relâche tous les généraux malhonnêtes, malhabiles ou malheureux, qu'il fit repousser sans hésitation toutes les propositions de paix, qu'enfin il assuma volontairement le rôle odieux d'un inquisiteur. Cette politique
i. Le seul texte précis où Cléon soit accusé de vénalité est un texte de Critias, cité par Elien, Var, hisL, 10, 7. Cléon, arrivé pauvre aux affaires, les aurait quittées avec une fortune de 50 talents <29i,100 fr.). L*énormité de la somme rend l'accusation peu vraisemblable, et le caractère des deux autorités la rend tout à fait suspecte. Elle n'a pas plus de valeur que les accusations portées chaque jour contre les hommes d'État contemporains par leurs adversaires politiques ; pour condamner Cléon, il faudrait d'autres preuves. Cf., sur cette question, MûUer Strûbing, livre cité, p. 119 et suiv.