‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 92 sur 242 · Aristophane dit de Périclès dans les Achnrnicns · texte numérisé non relu

Aristophane dit de Périclès dans les Achnrnicns

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Il dira ensuite de Cléon dans la Paix, 270 :

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furieuse n'était pour plaire ni aux nobles qu'elle obligeait à d'énormes sacrifices d'argent, et qu'elle soumettait à une tyrannie d'autant plus détestée qu'elle venait de plus bas, ni aux esprits modérés qui préféraient aux risques d'une guerre barbare et sans fin un peu plus d'bumanité et de liberté. Aristopbane, qui avait eu avec Cléon les démêlés dont j'ai parlé plus haut, Thucydide qui sans doute lui devait son exil, ne pouvaient [ as se montrer bienveillants à son égard, ni même bien comprendre les raisons de sa conduite. Mais ils n'avaient pas besoin de leurs griefs personnels pour ne pas aimer Cléon. L'un exécrait en lui l'adversaire heureux des aristocrates, le favori de la populace ; l'autre méprisait le sectaire à l'esprit étroit; ni l'un ni l'autre n'ont peut-être rendu justice à cet homme qui avait les façons d'un rustre et l'âme d'un jacobin, mais qui ne manquait ni d'éloquence, ni de patriotisme.

En poussant à l'extrême les principes de la politique

de Périclès, Cléon l'avait compromise; ses successeurs

dans la faveur populaire enchérirent encore sur Cléon.

Trois hommes paraissent avoir été, à tour de rôle, après

la mort de Cléon, les chefs du parti démocratique :

, Hyperbolos, Pisandre et Cléophon. Hyperbolos était de

[ condition inférieure à celle de Cléon. Ses ennemis pré-

^ tendaient que son père était esclave ^ ; les poètes comi-

• ques le représentent souvent comme un étranger*; ils

^ lui reprochaient son origine aussi bien que sa professioa

i, Polyzelos, fr. 5.

â. Platon, Hyperbolos, fr. 166-67, 170»

de fabricant de lampes ^ Son éducation aurait été plus imparfaite que celle de Cléon ; il se vantait lui-même, comme le marchand de boudins des Chevaliers, de ne savoir rien autre chose que ses lettres * ; c'est dans les boutiques des barbiers qu'il avait fait ses études. Ignorant, grossier, bavard, il avait une prononciation défectueuse qui trahissait son origine barbare'. Tel est le portrait qu'on a tracé d'Hyperbolos. Peut-on admettre qu'avec cette origine et cette éducation il se soit signalé dès sa jeunesse par des succès de tribune? Plusieurs poètes comiques ont signalé ses débuts, qui ont dû être assez éclatants *. Le peuple athénien préférait peut-être ceux qui savaient le flatter à ceux qui ne lui parlaient que dans son intérêt, mais c'était à la condition que ces flatteurs eussent du talent. Dès l'année 424, Hyperbolos jouait un rôle dans l'héliée et dans l'Assemblée. Il était de ceux qui, oubliant les recommandations de Périclès, poussaient Athènes aux aventures. Peut-être avait-il contribué à faire voter l'expédition de Sicile confiée aux stratèges Pythodore, Sophocle et Eurymédon. Il voulait, prétend Aristophane, qu'on allât jusqu'à Carthage. Les trières réunies en conseil délibéraient à ce sujet, dit le poète; l'une d'elles raconte qu'Hyperbolos a proposé d'envoyer une flotte de cent navires à Carthage. Mais elles ne veulent pas d'un tel chef; plutôt que de se laisser conduire par lui, elles aiment mieux vieillir et pourrir dans leur chantier, c Non, il ne sera pas notre stratège et ne se moquera pas de la ville. Qu'il s'en aille naviguer tout seul, au diable, si cela lui plaît, ayant mis à la

1. Cratinus, 196 ; Nuées, 4065 ; Paix, 69:2 ; Andocide^ fr. i. ± Eupolis, fr. 480 ; Quintilien, I, 40, 18.

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