Nuées, Q'I'A
A. Anonyme, iU (Didot).
â. Paix, 680 et suiv.
LE GOUVERNEMENT. — L'ES HOMMES. il)9
acharné de la guerre ; aussi la conclusion de la paix de Nicias nuisit d'abord à son influence. Trygée qui a ramené la Paix à Athènes s'en félicite, t Moi, Trygée d'Hathmonée, je mérite toute votre reconnaissance. J'ai délivré des plus grands maux le peuple de la ville et celui de la campagne; j'ai arrêté Hyperbolos* . » Pour l'arrêter, c'est-à-dire, pour le ruiner dans l'esprit du peuple, les poètes comiques firent contre lui une campagne plus violente encore que contre Cléon. Tous, Eupolis, Hermippe, Platon, sans parler d'Aristophane lui -môme, l'accablèrent de toutes parts, l'insultant dans sa personne, dans celle de sa mère, le couvrant de boue et de crachats ". Coup sur coup parurent trois comédies, le Maricas d'Eupolis, les Boulangères d'Hermippe et VHyperbolos de Platon, dont Hyperbolos était le principal personnage. Dans toutes, il est représenté comme un étranger ; sa mère paraît sur la scène sous les traits d'une vieille prostituée, toujours ivre. Les accusations ordinaires n'y manquent pas. Dans les iVw^e*', Aristophane assure qu'il a reçu de grosses sommes et qu'il s'est enrichi par le vol ; dans le Maricas il joue un rôle de sycophante. On le voit aborder un pauvre hère sur la place publique, et lui demander : « Depuis combien de temps as-tu rencontré Nicias? — Je ne l'ai vu qu'un moment, tout à l'heure, sur l'agora. » Hyperbolos se tourne alors vers les démocrates qui l'entourent. « Cet homme avoue qu'il a vu Nicias. Pourquoi l'aurait-il vu sinon pour trahir? Vous l'entendez, amis, Nicias vient d'être pris en flagrant délit *. » Ces vers étaient écrits au moment où Nicias,
i, PaiXf 918 et suiv.