‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 99 sur 242 · Diodore, XIII · texte numérisé non relu

Diodore, XIII

dans la pauvreté, quoiqu'il eût admioistré les revenus de rÉtat, est traité par Platon d'effronté voleur*. Le rétablissement de la solde des juges explique cette calomnie. £n outre, on lui reprochait, plus vivement encore, de n'avoir pas voulu faire la paix. Dans les Grenouilles^ à la fin de la pièce, lorsque Dionysos va remonter sur la terre avec Eschyle, Pluton lui recommande de porter une épée à Cléophon, aQn qu*il se fasse justice lui-même '. Que si d'ailleurs il aime tant la guerre, il est libre, lui et tous ceux qui ont le même goût, d'aller combattre au loin, dans sa patrie. On saura bien le faire disparaître s'il persiste à causer le malheur de la cité. Dans un autre passage de la comédie, les desseins de Taristocralie à l'égard de Cléophon sont expliqués sans ambages. Après quelques plaisanteries sur son éloquence, et sur les productions de sa muse barbare, le poète ajoute : t Cléophon siffle le chant plaintif de Philomèle, car il périra, quand même les votes seraient également partagés^, » Aristophane était bon prophète; les choses .ve passèrent comme il l'avait prédit. Moins d'un an après la représentation des Grenouilles, rhonnête et exalté patriote Cléophon était condamné à mort et exécuté après un jugement illégal, pour avoir, peut-être sans raison, mais non sans courage, fait rejeter par le peuple, après la défaite d'Aegos Potamos, l'insolente exigence de Lysandre, qui n'accordait la paix à Athènes que si elle consentait à renverser elle-même ses murailles. Il fut la victime expiatoire de toutes les mesures téméraires qui avaient été prises depuis le commencement de la guerre du Péloponnèse, et qui avaient abouti à l'anéantissement

d. Platon, Cléophon, fr. 57, 58. Lysias, pro bon. Arist., i8. tî. Grenouilles, 4532.

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