I. ASSEHBLEË DES FEMMES. LE PLOUTOS
Les événements des années 404 et 403, — écroulement de la puissance athénienne, tyrannie des Trente, restauration de la démocratie — paraissent avoir modifié assez profondément la situation des partis dans Athènes. Ou, pour mieu\ dire, si l'on réserve le nom de parti à un groupe politique organisé en vue d'une action déterminée, il n'y eut plus dès lors, dans cette ville, de partis proprement dits. Non seulement une restauration de l'oligarchie apparaissait désormais comme impossible à ceux mêmes qui l'auraient désirée, mais ils ne songeaient même plus à réformer profondément la démocratie. Apres les épreuves qu'elle avait traversées victorieusement, celle-ci était devenue la forme nécessaire do la cité
athénienne : qu'on l'aimât ou non, il ne restait maintenant qu'à l'accepter, telle qu'elle était, en s'y accommodant le mieux possible. Les idées de réformes constitutionnelles, destituées de toute influence pratique, n'avaient place désormais que dans les discussions des philosophes. Au théâtre, elles auraient paru ridicules ou n'auraient pas été acceptées.
Il n'est pas surprenant que les dernières pièces d'Aristophane traduisent cet état d'esprit. Nous pouvons rapporter à ce temps quatre de ses comédies : l'Assemblée des femmes et le Plouios, que nous lisons encore, Y /^olosicon et le Cocalos, aujourd'hui perdus. Ces deux dernières pièces étaient, nous le savons, des parodies mythologiques. Comment convient-il de définir les deux premières ?
Elles touchent, l'une et l'autre, à certaines questions sociales, organisation de la famille, répartition des richesses ; et il semble donc qu'on puisse les appeler assez justement des comédies sociales (1). Toutefois on est arrêté par un scrupule. Cette dénomination implique en effet l'idée d'une doctrine plus ou moins déterminée. Or, les pièces en question contiennent-elles une doctrine ? Il faut avouer qu'on est
(i) Sur la première de ces pièces, on peut consulter PoEHLMANN, Geschichte der antiken Kommunismiis iind SozialismiiSy Munich, <90l, tome 11, chap. i, section .!, auquel j'ai emprunté piusieurs observations. Pour Tenseinble, voir le chapitre v de l'ouvrage cité d'Aug. Gouat.