AVANT-PROPOS VII
fois de l'histoire générale et de l'histoire littéraire, en se distinguant de l'une et de l'autre. Son objet propre serait d'étudier l'influence des événements, des mœurs, de l'opinion et de la société, considérée dans sa division en classes et en partis, sur la comédie en général et sur chaque poète en particulier ; et, réciproquement, celle de la comédie et de ses poètes sur la société, sur les mœurs et sur l'opinion. Elle devrait suivre le genre comique, d'année en année, nous faire asfsister à l'élaboration de chacune de ses grandes créations, nous dire les suggestions reçues par le poète et ses intentions, ses amitiés et ses inimitiés, nous conduire ensuite au théâtre, nous rendre eh quelque sorte spectateurs des représentations, nous faire connaître les impressions du public, les cabales, la sentence des juges, et, après cela, relater et expliquer ce qui a pu en résulter. On imagine aisément combien un tel exposé offrirait d'intérêt à qui voudrait connaître les dessous de la vie politique dans l'Athènes du v® siècle.
Malheureusement, il faut reconnaître que cela est impossible à réaliser aujourd'hui. La plupart des poètes comiques de ce temps ne sont plus pour nous que des noms. Leurs œuvres sont
\n\ AVANT-PROPOS
(K'riiuo:^^ saur uu certain nombre de titres et dd tVagmonts^ qui^ le plus souvent, ne permettent uii'^iui^ pas de deviner le sujet des pièces d'où ils provionnont. Les dates de ces pièces nous delUourtMU pivsque toutes inconnues. Quant aux rolalions dos auteurs, soit entre eux, soit avec los porsonuages contemporains, nous n'en savons )\ pou près rien. Dans ces conditions, un ossai d'histoire ne pourrait être qu'un tissu de conjocUu os ou une série d'aveux d'ignorance.
crosl assoz dire que je u'ai pas songé un seul iiislanl à Tontroprendre. Aristophane est vraiiiuMil U^ soûl dos poètes comiques de ce temps dont nous puissions parler en connaissance d£ oauso. Je u*ai donc cru pouvoir m'occuper que d() hii. Il est évident, d'ailleurs, que ce qui sera dit (Puti poète on particuHer a chance de s'appLi- (pior souvent à d'autres poètes, ses contemporains, qui ont cultivé le même genre. En ce sons, cette série d'études pourra servir de contribution à l'histoire, tout autrement étendue, dont Tesquisse vient d'être tracée. Mais il doit être bien entendu, tout d'abord, qu'elle n'a même pas la prétention d'en constituer par ellemême un chapitre complet. Nous ignorons trop de choses importantes sur Aristophane lui-