d.,Ibid., B, 8 '^.«JO
biles par eux-mêmes, ils n'ont pas besoin d'organes en saillie, à l'aide desquels ils puissent se mouvoir. Et, s'ils n'en ont pas besoin, c'est qu'ils en sont dépourvus; car la nature ne fait rien en vain : les astres sont ronds, parce qu'ils ne sont point destinés à se mouvoir d'eux-mêmes comme les animaux terrestres K On peut aussi, dans le cas actuel, inférer, comme tout à l'heure, de la nature de la lune aux autres corps célestes. Or la lune est une sphère. On en a pour preuves la forme de son croissant et la régularité de son disque ; on en a pour preuve également l'aspect qu'elle revêt à nos yeux, pendant les éclipses de soleil : les flots de lumière qui s'épanchent alors sur ses côtés lui font une couronne de gloire ^.
Au-dessous du monde céleste, se situe le monde terrestre. Et voici comment il est formé.
Les corps lourds tendent naturellement vers le centre unique de toutes les sphères; et la terre est l'agglomérat qu'ils y composent : elle a donc sa place au milieu du Tout 3.
De plus, elle y est immobile. Si la terre avait un mouvement de translation, elle changerait de positions à l'égard des étoiles fixes, et l'on constaterait des variations dans leur lever et leur coucher : ce qui n'existe pas^. Si la terre tournait sur son axe. Ton verrait ses parties se mouvoir dans le même sens qu'elle ; il arriverait également qu'une pierre lancée d'un point de sa surface viendrait retomber en un autre point. Ni l'un ni l'autre de ces deux
1. ABisT.,Z>e cœL, B, 11, 291'>, 14-17; voir (290*, 29 et sqq.) une considération de même genre fondée aussi sur le principe de finalité.