‹ AristoteChapitre 11 sur 304 · Id., Met · texte numérisé non relu

Id., Met

distinction, aucune matière à définition. On diminue alors les difficultés; mais on est loin de les supprimer toutes. Chaque être est multiple, comme l'univers dont il fait partie, bien qu'à un moindre degré. Impossible de réduire la qualité à la quantité ; impossible aussi de concevoir la qualité et la quantité sans les rapporter à un troisième terme qui les groupe et les supporte * : Tout individu est au moins une trinité. Cette trinité elle-même se fractionne en éléments secondaires. Il y a dans chaque homme une couleur et une taille définies, un animal, un bipède, une pensée qui se déploie en se ramassant sur elle-même ; et chacune de ces choses devient multiple à son tour sous le regard de l'analyse ^.

L'être n'est pas absolument un ; mais il n*est pas non plus multiple à l'infini, comme l'ont pensé Leucippe et Démocrite ^. L'atomisme aussi passe à côté de la vérité.

On affirme qu'il existe un nombre infini de principes. Une telle conception est la négation de la science. Savoir, c'est expliquer ; c'est connaître quelles sont les causes des phénomènes donnés et quel en est le nombre (sx t(vu)v xat Tcoawv). Or, si la série des éléments qui constituent la nature n'a pas de terme, cette condition essentielle de la science n'est jamais fournie : on ne trouve nulle part une dernière cause; et l'univers demeure pour toujours inintelligible *. De plus, une telle conception enveloppe une antinomie qu'il est assez facile de mettre en lumière. Si le total des principes est infini, il faut que

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