Id., Phys., A, 4. I87\ 7-13; A, C
l'être. 9
chacune des portions que l'on y peut concevoir le soit aussi; car, supposé que l'une d'entre elles ne le soit pas, on n'aura plus en l'ajoutant à tout le reste qu'un nombre fini : ce qui est contraire à l'hypothèse en question. Mais, si toutes les portions de la somme infinie des principes sont elles-mêmes infinies, on a dans l'infini donné un nombre infini d'infinis ; et c'est une contradiction qu'aucun effort ne saurait lever ^
On ajoute que ces principes dont le nombre n'a pas ûe limite, sont également éternels. C'est donc qu'il y faut voir autant de causes premières. Mais, s'ils sont des causes premières, ils sont par là même absolument semblables : ils ne comportent aucune différence de qualité, de quantité, de figure, de site, de pesanteur, ou de mouvement; car ils ont tous et toujours la même raison d'être ^. Bien plus, il faut qu'ils soient totalement identiques, qu'ils se confondent en une seule réalité ^ ; et l'on se trouve derechef en face de Parménide.
On veut aussi que ces principes infinis en nombre et éternels aient de la grandeur. Et il le faut bien ; autrement, les corps ne s'expliqueraient point. De plus, il n'y aurait entre les éléments aucun contact possible ; par là même aucune rencontre , aucune combinaison : et le monde ne se serait jamais formé *. Or, si les éléments ont de la grandeur, ils ne sont plus insécables, comme l'exige la théorie ; ils sont divisibles. Car, si petite que soit une partie quelconque de l'étendue, elle se divise