‹ AristoteChapitre 118 sur 304 · Arist., De an.. A · texte numérisé non relu

Arist., De an.. A

elle ne peut être qu'un corps ^ Or cette thèse, que l'on trouve dans tous les systèmes mécanistes, a fait son temps : elle est devenue de plus en plus insoutenable, au fur et à mesure que la psychologie a gagné en précision. La pensée proprement dite, la pensée telle qu'elle sort du voj;, n'a pas seulement l'unité de la grandeur : elle n'est pas seulement continue ; elle est plutôt indivisible. Comment pourrait-elle donc n'être que la modalité d'un corps ~? On observe quelque chose d'approchant dans les formes inférieures de l'activité psychologique. L'imagination, le souvenir et même la sensation enveloppent un élément sui generis qui ne ressemble ni aux phénomènes du feu ni à ceux de l'air : il s'y trouve toujours quelque trace de perception. Et la perception ne peut dériver de l'étendue; l'on n'en fait ni des moitiés ni des quarts, elle est tout entière ou n'est pas du tout-^. De plus, les modes de l'âme ne demeurent pas à l'état d'éparpillement, comme les grains de poussière dont parlait Pythagore ; ils se ramènent à l'unité d'un même principe. A chaque instant, je subis ou produis une foule de phénomènes qui forment la trame de ma vie intérieure : je vois, je touche, je sens et j'entends; j'imagine et me souviens; je pense, je raisonne, je veux et me meus moi-même. Et tous ces phénomènes, je les englobe dans une même vue qui les pénètre plus ou moins de sa clarté. Gomment cette synthèse se produit-elle, si Tâme n'est qu'une coordination d'atomes? comment puis-je percevoir le multiple, si je ne suis pas un ^ ?

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