Id., De gen. et curr., B
4. Id., Dean., A, 5, 409% 26 et sqq. ; Ibid., A, 5, 410% 10-15.
La théorie mécaniste n'explique donc ni les états psychologiques ni l'unité du sujet qui les saisit et les compare ; et cette critique de fond n'est pas la seule que l'on puisse lui opposer. Si l'âme se compose d'atomes, il n'y a plus de démarcation possible entre l'être brut et l'être animé. Tout sent et tout pense ; tout vit, et au même degré : ce qui contredit la plus universelle et la plus constante des apparences ^ Si l'âme se compose d'atomes, elle est toujours mue; elle ne se détermine jamais elle-même. Il ne reste plus de place pour la liberté dans le monde : ce qui renverse la condition et le principe de la moralité -.
Telles sont les principales difficultés de la théorie d'après laquelle l'âme est un être en mouvement : elle conduit tout droit au matérialisme ; et le matérialisme ne se défend pas.
On se heurte aux mêmes obstacles, lorsqu'on soutient, avec Platon, que l'âme « se meut elle-même ». Si l'âme se meut au sens précis du mot, c'est qu'elle est en mouvement; et, si elle est en mouvement, il faut du même coup qu'elle soit un corps. De plus, la conception platonicienne soulève des objections qui lui sont propres et dont la solution semble impossible.
La « pensée » nous apparaît plutôt comme un arrêt que comme un mouvement ^, Et, supposé qu'elle soit un mouvement, comment expliquer, dans ce cas, l'intellection divine elle-même, cette éternelle iiitellection qui donne le branle aux sphères et par suite aux astres? Ou