Id., Met., A
4. Id., De (jen. an., lî, 3, 73G'', 27-28 : XeiTtexai Sètov voûv {xdvov OûpaOev èneiffiéva'- xal Oôtov elvai |X($vov,
5. Id., De an., B, 2, 413'', 24-20 : Trspl Se toO vou xal Tîj; OewpYjTixfii; Suvajxeb); oOSév TTw çavepov, à)>À' êoixe '\>\>yjr,(; yi^oc, ëxspov eîvai...
sur l'intellect actif, est du ressort « de la philosophie première » ^ .
La définition de Tâme permet aussi de délimiter le domaine qui revient à la vie dans la nature. Il est vrai d'une certaine manière que tout est animé. Il existe au fond des choses un désir intelligent et éternel d'où résulte primordialement tout ce qui devient : le monde, considéré dans son ensemble, est un immense animal, ainsi qu'on a pu le remarquer déjà. Mais, si la nature concourt, comme cause efficiente, à la production de tous les êtres, elle ne leur communique pas à tous quelque chose de ce qui la rend elle-même vivante : la pierre et le métal n'ont rien d'actuellement animé. Et l'on peut soutenir, en se plaçant à cet autre point de vue, que la vie a sa zone à elle dans la réalité. Métaphysiquement tout vit; empiriquement, la vie commence, dans la hiérarchie des êtres, avec les individualités qui peuvent se mouvoir elles-mêmes.
Bien qu'une en son fond, l'âme n'est pas entièrement uniforme : elle s'épanouit en facultés de nature diverse. C'est un fait que les anciens ont observé d'assez bonne heure ; mais la description qu'ils en ont laissée, n'a pas la rigueur voulue. Ils ont d'abord divisé l'âme en deux parties très distinctes et souvent opposées, dont la première serait « rationnelle » et la seconde « irrationnelle » -. Puis, Platon est venu à son tour subdiviser la partie irrationnelle
1. ARiST.,Z)ean., A, 1, 403», 25-31; 403", l-\9;Phys.,'B, 1, 193% '/Setsqq.
2. Jd., De an., F, 9, 432", 26 :... 01 oï tô )6yov ë^ov v.al xb aAoyîv. Aristote semble viser ici l'opinion courante, d'après laquelle il faut distinguer dans l'âme la raison et les sens et qui était « devenue un lieu commun dans la ptiilosophie grecque depuis Parménide et Heraclite » (v. sur ce point Trait de l'âJïiepàT G. llodier, t. II, p. 529, 432% 26, Leroux, Paris, 19C0).
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en deux autres, qui sont l'amour du bien et l'amour du plaisir ^ .
Or, même conduite à ce point, la classification des facultés de l'âme demeure encore très imparfaite; il est permis tout au plus de s'en servir, lorsque le sujet dont on parle ne demande pas une plus grande exactitude ^ : considérée de près, elle ne s'accorde pas avec la réalité. D'abord, elle établit entre le rationnel et l'irrationnel une ligne de démarcation beaucoup trop radicale. Il y a du rationnel dans le principe qui nous fait aimer le bien ; il y en a même dans le principe qui nous fait aimer le plaisir. L'un et l'autre sont capables, quoique à des degrés divers, de se soumettre aux ordres de la raison ; et comment le seraient-ils, s'ils ne les entendaient d'une certaine manière, s'ils ne se trouvaient eux-mêmes pénétrés de quelque lueur de raison 2? Il est bien difficile aussi de soutenir que la sensibilité ne participe point à cette faculté supérieure et n'en est pas comme surélevée du dedans *. Si l'on peut dire que la sensibi-
1. Arist., De a)î.,432*, 24-2G : TpoTiov yâp Ttva ctTietpa ©aîvexai [rà [xopia xv); ^'•j/ri;], xal où (xovov à Tive; Xe^ouat ôiopîCovTs;, XoyiffTixôv xal 6u[xixov xal è7ii0u(ir]Tix6v. Évidemment, c'est de Platon qu'il s'agit en ce passage : V. Phxdr., VIII, XIV, 15 ; Ibid. ,\x\iy, 36; Tim., VII, xxxi,G7.
2. C'est ce que fait Aristote lui-même. V. Eth. Nie, A, 13, 1102», 2(>-28 : Xî'YôTai Se TTspi aùxri; xal èv toï; è^coTeptxot; lôyoïi àpxoOvxwç ëvia, xal xpy](7X£ûv aùxoT;. Olov x6 [lïv dcXoyov aùxyjç eîvai xo ôs Xdyov e/ov; Ibid., Z, 2, 1139% 3-5; Eth. mag., A, 1, 1182% 23-2G.
3. Akist., Elfi. Nie, A, 13, 1102'', 16 et Si\q. : ... xô [xàv yàp qjuxixov oùôa|xû; xotviovsï Xoyou, xo ô* è7riOu[r/]xixàv xal ô),to; ôpexxtxov (jLcxeyei tio);, tq xaxYixodv èaxiv aùxoO xal 7iei6apxtxôv, etc. C'est le même fait qu'implique d'ailleurs la théorie de Platon, comme on le peut voir par les textes cités plus haut : les deux coursiers sont capables l'un et l'autre, bien qu'à des degrés divers, de se plier aux ordres du cocher.
4. M., Dean., T, 0, 432', 30-31 : xal xo al<j6yixixdv, ô oùxe w; âXo^ov oûxe <«)( Kà'io^ îyo'f 6eiyi àv xt; ^ctôtu);.
l'ame. 153
lité se trouve chez tous les animaux, il n'en reste pas moins vrai qu'elle juge de la diflerence des qualités sensibles et que, à ce titre, elle est comme une première ébauche de la raison ^ Les facultés de l'âme ne se juxtaposent pas comme des lames de fer; elles se compénètrent les unes les autres : et c'est là une chose que Platon n'a pas vue avec assez de précision. En outre, il a le tort de considérer comme primitives des différences qui ne sont que dérivées. Par exemple, l'amour du bien et l'amour du plaisir dépendent l'un et l'autre du désir, ils en sont deux espèces ; et le désir, à son tour, suivant qu'il est brut ou réfléchi, se rattache soit à la sensation soit à Tintellection -, De plus, et par le fait que Platon s'arrête à des distinctions de surface, sa classification n'a pas de limite précise. Si l'amour du bien suppose une faculté et l'amour du plaisir une autre, il en va de même a fortiori pour la nutrition, pour la sensation, pour la locomotion et pour l'intellection ; il en va de même aussi pour le désir brut, pour le volontaire, le libre, le plaisir et la douleur, la joie et la tristesse; car ces choses diffèrent entre elles autant ou plus que le goût du bien et celui du plaisir ^. On ne s'arrête plus, et l'on peut dire d'une certaine manière que le nombre des facultés s'élève à l'infini '*'.
Platon n'a pas résolu le problème dont il s'agit; et son insuccès vient sans doute du point de vue auquel
1. TiiEM., Paiaphr..., II, 215, 12, Lipsiee, éd. L. Spengel, 1866 : xaôô [lev yàp xp'vsi Ta; èv xoï; aldQYjTOÏi; ôiasopà; xal àopopfXTQ xal ÈTiigâOpa yivexai tw /oyto, y.aià toOto âv o6;£i£ voO xoiviovôïv xaOà Si saxiv oOôiv 'Aaxxov èv toï; àXôyoi; ^woi;, xaOxr) Ôà au uâXiv àXoyov àv voixtaGeiY)