Ibid., B, 2, 4I
Cette hiérarchie des êtres vivants se fonde sur trois lois principales dont la première est celle de finalité.
Tous les êtres vivants ont besoin de se nourrir : c'est la condition de leur développement ; et il n'en est aucun qui ne possède la nutritivité ' . Tous les animaux ont besoin d'un organe à l'aide duquel ils puissent choisir leurs aliments ; autrement, ils n'arriveraient pomt à conserver l'existence. Et cet organe leur est donné : c'est le goût qui a pour base le tact 2. Tous les animaux qui se meuvent sont obligés de chercher leur pâture ; car ils ne la trouvent pas sur place, comme ceux qui sont immobiles. Ils ne pourraient donc subsister s'ils n'avaient des organes qui fussent capables de les renseigner à distance, si leur sensibilité se bornait au tact et au goût? Aussi possèdent-ils en plus l'odorat, l'ouïe et la vuc"^. L'homme également possède tous ces sens; et c'est une marque de finalité plus accusée encore que les précédentes. Ces sens^ en effet, ne sont pas seulement nécessaires à notre conservation, ils le sont aussi au développement de notre esprit. Que deviendrait la science, si l'âme n'avait pas des fenêtres ouvertes sur le dehors qui correspondent aux différents aspects de la réalité? A quoi se réduirait notre savoir, sans les informations qui nous arrivent par nos organes''?
La seconde loi qui préside au développement de la vie, est celle de la continuité. « Le passage de rêtrc inanimé à l'être vivant est si insensible, que l'on ne peut dis-^