Id., De somn., 3, 457'', 29 et sqq
G. Id., Hist. an., B, 16; Part, an., V, 8, 9, particulièrement à partir de la page 672*, l.
engouffre. L'air, à son tour, refroidit ces organes par son contact et les rétrécit à nouveau : ce qui fait qu'il en est chassé. Alternance qui produit à la fois la respiration et la pulsation \
Le propre de la nutrition n'est pas seulement de conserver rindividu; c'est aussi et principalement de perpétuer l'espèce. Le désir éternel qui meut l'univers du dedans va toujours au meilleur; et le meilleur serait que tous les êtres fussent éternels, comme les sphères et les astres. Mais il y a dans la matière un principe qui s'oppose à cet achèvement des choses. Nous mourons à chaque instant dans nos cheveux, nos dents et nos membres; à la fin, nous mourons tout entiers. Et pareil est le sort des autres vivants. Pour réparer ces ruines incessantes, la nature a communiqué aux individus la capacité de produire leurs semblables : elle leur a donné en partage la puissance de la génération -. Or la génération n'est pas un phénomène à part, comme la sensation ou la pensée ; elle n'est que le prolongement de la nutrition elle-même : c'est ce qui ressort de l'analyse des faits.
Il y a des êtres vivants qui se reproduisent en dehors de tout concours sexuel. Telles sont les plantes dont la propagation se fait par graines ou par boutures; tels sont aussi certaines plantes et même certains animaux, qui naissent de matières en putréfaction ou sur d'autres organismes ^ : il existe des êtres à génération spontanée. Au-dessus de ces espèces inférieures, apparaissent d'autres
1. AniST., Derespir., 20, 479'>,29elsqq. ; 480% 1-15 ;/6uZ., 21, 480*, Ifiet sqq.
2. Id., De an., B, 4, 415*, 2G-29; 415\ 1-7; De g en. et corr., li, 10, 33G', 26 et sqq.; De gen. an., H, 1, 7;n% 20 et sqq.; Polit., A, 2. 1252', 20-31.
i. I<L, De an., B, 4, 4ir.% î7-28; Uist. an., E, 1, 539», 17-25; Ibid., 539% 7-14; Jnd. Arisl., 12'j'' ,3 : aupLÊiêirixc xal Èitt tûv 2|o)b>v xai i:ri Tùiv çuxwv aÙTÔ-
l'ame. 1G9
individus dont la reproduction se fait au contraire par l'accouplement des sexes. Le mâle contient des spermes, la femelle des menstrues; c'est grâce à l'union de ces deux principes que s'accomplit la génération du semblable par le semblable. Dans cette synthèse mystérieuse d'où jaillit l'étincelle de la vie, le sperme et les menstrues ont des rôles très différents. Le premier de ces deux termes agit, le second pâtit; l'un meut, l'autre est mû; l'un est forme, l'autre matière K Ainsi, c'est du mâle que vient l'âme, la femelle ne fournit que le corps-. Et ce point, Aristote le défend avec rigueur. Il n'est pas féministe, non plus que Platon; on peut même dire qu'il l'est moins que lui.
Bien qu'essentiellement passives, les menstrues renferment, comme toute matière, une certaine force d'inertie qui s'oppose au triomphe total du sperme ; et c'est par là que s'expliquent les lois de l'hérédité. La tendance naturelle du sperme est de produire un être absolument semblable à celui dont il se détache comme un fragment de sa substance ; mais cette tendance est plus ou moins entravée dans son essor par la résistance des menstrues : ce qui donne lieu à cinq cas dominants entre lesquels s'échelonnent des variantes à l'infmi. Si
fxaxà Tiva YÎveaÔaf ta aÙTOjxdÎTO); yiyvô^tvx èx lîvwv (èxYriç o-)f]7roî;.£vy]ç, opocou al.) £v TÎCTi (èv popêôptp, y.oTTpo), TispiTTtoaaCTi, ^ûXotç al.) YcyvETai. Saint Thomas a maintenu cette opinion {S. th., 1% q. 45, 8, ad 3; q. 70, 3; q. 70, 3, ad 3; q. 71, ad 1; q. \)1, 2, ad 2; S. c. g., t. I, 31G-317; Comment, in tibros Metaph., |). 637% 638% 649», éd. Vives, Paris, 1875); et les expériences de Pasteur n'en sont peut-èlre pas une réfutation décisive.
1. AnisT., Ce,(. an., A, 20, 729% 9-14; IhicL, 21, 729% 12-18; Ibid., 730% Î4-30; Jbicl., B, 4, 738% 20-36; Ibid., 740% 12-25.
2. Id., Ibid., h, 4, 738% 25-26 : ia-zi oïzà [xèv c7Û|jLa iy, toù 8r,Xeo;, r, Zï ^vyr, tv. TOÙ âppsvo;.
le sperme l'emporte à la fois et par la force qu'il a de reproduire le type paternel et par celle qu'il a de reproduire le sexe masculin, il se formée un homme qui ressemble au père. Si, au contraire, le sperme est vaincu sous ce double rapport, il se forme une femme qui ressemble à la mère. Si le sperme l'emporte seulement par la force qu'il a de reproduire le type paternel, il se forme une femme qui ressemble au père; et, si le sperme l'emporte seulement par la force qu'il a de reproduire le sexe masculin, il se forme un homme qui ressemble à la mère. Supposé que le sperme n'ait pas assez de vitalité pour marquer son empreinte et que par ailleurs les menstrues ne possèdent pas assez de consistance pour maintenir la leur, on voit alors réapparaître l'un des types familiaux : la génération aboutit à un phénomène d'atavisme^ Tels sont les moyens qu'emploie la nature pour propager la vie sur la terre. Or, si Ton excepte les espèces à génération spontanée, ces moyens sont autant de modes terminaux de la nutrition. Et le sperme et les menstrues se ramènent à des aliments assimilés : ce sont comme des enveloppes sanguines qui entourent les organes, en reçoivent le mouvement propre à chacun d'eux et le continuent par elles-mêmes une fois séparées de l'être générateur 2. Si ces principes diffèrent au point que l'on a vu, c'est grâce seulement aux conditions caloriques où s'opère leur formation '^ Les menstrues dcvien-