‹ AristoteChapitre 146 sur 304 · AuiST., De an., r · texte numérisé non relu

AuiST., De an., r

2. Id., Cat.y 7,7", 36-38 : TÔ yàp alaÛyiTov 7rpÔTspovTfi;ai(T0Yi.Tea); ooxeï eîvai. Ta (Jiàv yàp alnbriioy àvoftpeOèv auvavaipeï xriv at(JÛy](Jiv, -q ok a'îaOYjTtç to aiaOyiTov où (Tuvavaipei-

3. Id., Met., r, 5, 1010'', 31-37. 1011% 1 : ... to yàp xivouv toO xtvou[j.évou fùcei TipoTepôv èoTi. — Voir sur cette question : G. Rooiicii, ouvr. cit., t. II, p. 373,426*, 19; Sikbeck, Aristoteles, p. 76 (Slutl^ait, 1899).

4. Id., De an., B, 5, 417*, 20 : Trâcr^ei yàp to àv6|j.oiov, nenovOoç ô' Ô(jloi6v ioTiv ; Ihid., 418', 4-6 : Tiô.a^/nc.K (/.èv oùv où/ ô(xotov 6v, TtenovOôç S' wfjLOtwxai xal IdTiv oiov èxeïvo.

sensible, elles continueraient à se produire, et comme auparavant. Il existerait encore dans le monde la môme quantité de lumière et de chaleur. Ni les arbres ne cesseraient de frissonner au souffle du vent, ni la mer de mugir en frappant son rivage; et les printemps ne perdraient rien ni de leurs ticdes haleines ni de leur odorante parure. La seule diii'érence serait qu'il n'y aurait plus ni œil, ni oreille, ni odorat, ni palais, ni toucher, à jouir de la beauté du spectacle.

Pour qu'il en fût différemment, pour qu'il y eût de la relativité dans la connaissance sensible, il faudrait qu'il se glissât quelque altération ou dans l'objet lui-même, ou dans la forme qui résulte de son action; l'une et l'autre de ces deux hypothèses sont dépourvues de fondement. L'objet ne change pas pour agir : il a son acte dans le sens qu'il affecte; c'est un moteur immobile à l'égard de ce sens, comme la médecine à l'égard du malade. De son côté, la forme sensible ne change pas non plus, aussi longtemps du moins que l'objet demeure présent. Elle ne pourrait changer que sous l'influence de la perception qui l'enveloppe ; et la perception, conmie on l'a déjà vu, ne modifie rien : elle respecte tout ce qu'elle compénètre de sa lumière.

Pourtant, cette démonstration, si précise qu'elle paraisse , ne suffit pas à fonder de tous points la valeur objective de la connaissance empirique. Rigoureusement, le principe d'assimilation de l'organe à son moteur ne garantit que les « formes sensibles » et l'existence de la cause extérieure qui les produit. Dès qu'il est question de définir la nature de l'objet qui agit ou de se prononcer soit sur sa figure, soit sur sa grandeur,

soit sur son mouvement, soit sur sa distance, ce principe nous laisse par lui-même sujets à l'erreur ^ ; il ne garde sa portée qu'autant que l'on y adjoint un certain nombre de conditions.

Ce n'est pas directement que les objets atteignent les sens qui leur correspondent. Entre le visible et la vue 2, le son et l'ouïe 3, l'odorant et l'odorat s'interposent l'air et l'eau ^; entre le tangible et le toucher, il y a la chair. Ce serait une illusion de croire que la chair fait partie du sensorium tactile; si elle en faisait partie, il ne percevrait pas plus le tangible que Toeil ne perçoit un objet blanc appliqué sur sa surface. Le toucher se situe au dedans : il a son siège dans le cœur ^ ; et la chair n'est qu'une sorte d'intermédiaire à travers lequel il reçoit le choc des corps, « comme celui qui est frappé à travers son bouclier » ^. Tous nos sens supposent un milieu, qui leur transmet l'acte des sensibles ; par suite, il faut que cette transmission n'altère rien, qu'elle demeure conforme dans tout son parcours à l'impulsion immédiate et originelle de l'objet.

Nos organes sensoriels sont sujets à diverses maladies

1. AniST., De an., h, 6, 418", Il-IG : Xéyw g' toiov jjièvô t^y) èvôeyeiat ÉTepa <xla^ri<jzi alG0âve<j6at, xat nept o [li] èvôe'/eTat ànaTr,Oy)vat, olov ô(];t; xpwp.axo; xat àxoii ^6^o\j xai ycOat; yyu.o'j . ■}] ô' à^Y) uXeiouc fxèv tyei ètaçopà;* àXX ' éxa^Tr] ye y.pîvEi ireplxo-jTwv, xat oOx àTiaxàTai oxt yjiû)[ici. où5^ bzi «J^û^o;, à/Xà Tt tô xe^^pwoaevov 9) TioO, 9i Tt tô iJyoçoOv •?; TtoO ; 76t(/., 418", 20-23 ; Ibid., T, 1, 425", 24-30; Ihid., l\ 0, 430»», 2-3; Met., F, 5, 10lO^ 18-26.

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