Id., De an., B
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qui en troublent la réceptivité : et alors nous voyons en jaune ou violet ce qui est blanc, en mouvement ce qui est immobile; nous trouvons amer ce qui est doux et doux ce qui est amer ; les sons changent de timbre et d'intensité K L'activité de nos sens peut même devenir assez grande pour réagir sur les objets : on observe, par exemple, que lorsque les femmes, à l'époque des menstrues, se regardent dans un miroir, leurs yeux projettent sur l'airain poli une sorte de buée sanguine qu'il est assez difficile de faire disparaître 2. Par conséquent, il faut que les organes, pour recevoir à l'état pur l'acte du sensible, soient eux-mêmes dans leur état normal.
Derrière les sens périphériques, il y a un sensorium central, comme on le verra plus loin; de là une autre source de perturbation pour la connaissance empirique. La moindre ressemblance suffît à l'amoureux pour se convaincre de la présence de l'objet aimé, au peureux pour se convaincre de la présence de l'ennemi ; les fiévreux voient dans les inscriptions qui sont sur les murs des animaux terribles dont ils s'efforcent de se défendre. Pareils sont les effets de la colère et de nos autres passions : elles provoquent de leur chef des images hallucinatoires, qui recouvrent la forme sensible produite par l'objet réel; et nous voilà dans l'erreur 3. U faut donc que cette intervention du dedans n'ait pas lieu ; il faut que les sens soient seuls à rendre leur témoignage.
Mais ces conditions se trouvent généralement réalisées. L'acte de l'objet sensible se transmet de proche en
1. Arist., De insomn., 2, 460», 3-9 ;cf. Met., r,5, 1010", 3-9 : ... Kai Tioxepov ûïa Tot; Oyiaîvouffiv y\ oia toï; xâtxvo'jatv...