‹ AristoteChapitre 166 sur 304 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

l'ame. 2C3

pas jusqu'à causer du désordre dans la circulation du sang". Cette condition une fois donnée et dans la mesure où elle l'est, les images que recèlent les sens retournent vers le centre et gagnent la surface^. Effacées par les excitations de la veille, comme la lumière des étoiles par le soleil, elles se montrent à nouveau; et nous croyons alors entendre ce que nous n'entendons pas et voir ce qu'en fait nous ne voyons pas 2.

Le rêve se complique d'hallucinations; et il n'est pas l'unique phénomène de cette nature : sous l'influence de la fièvre et de la passion, il nous arrive aussi en pleine veille de prendre Timaginatif pour le réel, nous devenons également hallucinés^. C'est que les images ont une tendance native à s'objectiver : elles se rapportent d'ellesmêmes à la cause qui les a produites une première fois, que cette cause soit dans la suite présente ou absente. Lorsque nous avons la possession de nous-mêmes, nous nous rendons compte si nous sommes ou non en contact avec les objets; mais, si les images acquièrent une vitalité assez grande pour absorber toute notre activité mentale, il ne reste plus aucune possibilité de contrôle, et nous regardons comme existant en soi ce qui n'existe qu'en nous et par nous^.

Les prédictions qui se produisent en certains songes ne

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