‹ AristoteChapitre 176 sur 304 · Arist., De an., F, 4, 429'% 3-10; lOid.,B · texte numérisé non relu

Arist., De an., F, 4, 429'% 3-10; lOid.,B

incessant d'action : elle nous porte à faire de nouvelles découvertes; elle analyse et combine les intelligibles déjà connus. De là développement de la science humaine tout entière.

Cette théorie de Tintelligence donne lieu à plusieurs questions qu'Aristote n'a pas résolues, qu'il n'a peut-être pas même songé à résoudre.

Gomment l'intellect actif se rattache-t-il à l'intellect passif et l'intellect passif à l'âme sensible? Comment s'explique la personnalité? En quoi consiste au juste le rôle de l'intellect actif?

On peut dire, en s'inspirant d'Aristote lui-même, que la sensibilité et les deux intellects forment une série ascendante de déterminations qui ont lieu dans une même étoffe mentale. Dès lors ces trois principes de connaissance ont un sujet unique. Dès lors aussi, l'on conçoit qu'ils puissent avoir un fond commun de conscience parallèlement gradué; car où se conserve la continuité de l'être, on ne voit pas pourquoi il y aurait rupture de perception. Cette réduction à l'unité n'empêche d'ailleurs ni l'indépendance ni l'immutabilité de l'intellect actif. A parler d'une façon rigoureuse, ce n'est pas l'intellect actif qui se sépare : qu'il réside ou non dans un individu, il reste également identique à lui-même ; ce qui se sépare, c'est l'intellect passif. Et cette séparation n'est pas un brisement; on n'y peut voir qu'un retour profond à l'état virtuel, un effacement complet : ce qui n'atteint pas plus « rintellect en acte » que l'oubli d'un passé ne trouble la vue du présent. Ainsi la première question se trouve poussée un peu plus loin, et le même principe nous permet aussi d'éclaircir la seconde. Des trois déterminations de l'être psychologique,

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la plus haute, par sa pureté même, dépasse la personnalité; la plus inférieure n'y atteint pas, vu qu'elle est incapable de se connaître elle-même. Mais celle qui tient le milieu suffît à la constituer ; car elle se pense et l'on peut la regarder comme individualisée par les organes avec lesquels elle naît et disparaît. Reste la troisième question qu'il est plus difficile encore d'élucider, même imparfaitement. Comment l'image tombe-t-elle sous l'influence de l'intellect actif? Et quelle espèce de transformation cet intellect lui fait-il subir? Ce sont là deux choses qui demeurent profondément mystérieuses. On pourrait supposer, il est vrai, que l'image une fois présente excite la conscience rationnelle, qui, grâce à la structure de son intellect actif i, n'en reçoit que l'élément intelligible. Mais ce n'est là qu'une hypothèse. Encore €ette hypothèse ne rend-elle pas entièrement compte de la manière dont l'intellect actif opère son œuvre de sélection 2.

Pour savoir comment l'intelligence active s'unit à l'intelligence passive et cette dernière à la sensibilité ellemême, de telle façon qu'il n'y ait plus qu'un seul

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