E^içTic, dit Aristole (De aw., r
2, Sans doute, Aristote admet la théorie de l'abstraction; on peut s'en rendre compte par les passages suivants : Phys., B, 2, 193", 22-36, idA"", 1-12; Psych., r, 4, 429^ 10-22; 3îet., M, 3, 1077", 17-36, l078^ 1-31 (cf. Sylv. Maur., ouvj-. cit. y t. IV, p. 577", 11). Mais il ne définit pas si le travail de l'abstraction relève de l'intellect actif ou de l'intellect passif. De plus, dcfinirait-il ce point, que la question ne s'en trouverait pas totalement résolue. Abstraire, au sens strict du mot, c'est considérer une chose séparéinent d'une autre, excluso alio. L'abstraction n'est donc possible que si cette chose existe déjà et formellement. Tel n'est pas, au regard d'Aristote, le cas des intelligibles enveloppés dans les images : ils n'y sont qu'à l'état de puissance. Par suite, il faut qu'il y ait dans l'inlelligence active comme une sorte de vertu transformatrice qui les en lire. Cette vertu transformatrice, voilà ce que les textes d'Aristote ne nous permettent pas de préciser; et je crois bien que personne n'a réussi à l'expliquer complètement. Hic labor, hoc opus.
moi; pour connaître dans une certaine mesure par quel art nous dégageons Tidée des images, il faut descendre, le long de la route des siècles, jusqu'à saint Thomas d'Aquin. Sur tous ces problèmes à la fois si importants et si difficiles, l'Ange de l'École a vraiment jeté une lumière nouvelle. A ce point de vue, son traité De l' unité de rintelligence peut être considéré comme une œuvre de génie.
Le jugement est la synthèse de deux représentations, dont Tune s'appelle sujet et l'autre prédicat. Cette synthèse se fait au moyen du verbe être, et de deux manières : explicitement, lorsqu'on dit, par exemple, que Cal lias est beau; implicitement lorsqu'on dit que Socrate boit. Car cette dernière formule revient à celle-ci : Socrate est buvant^. Le verbe être et les autres verbes qui le contiennent à l'état virtuel, impliquent essentiellement l'idée de temps : on énonce toujours qu'une chose est, a été ou sera; ou bien encore qu'elle se fait, s'est faite ou se fera. Et chacun de ces modes principaux représente un des moments du temps 2. Par suite, tout jugement a quelque chose de chronologique. Et l'on trouvera sans doute qu'Aristote tombe ici dans quelque excès. Conmie l'observe la Logique de Port-Royal, « le princi-
1. Arist., Deinterpr., 5, 17", 8-12, \l-20', Ibid., 10, 19^ 5-13; cf. RheL, r, 2, 1404^ 25-30.
2. fd., Ibid., 3, 16^ G-IO; Ibid.,^, 17", 22-24; Ibid., 10, 19^ 12-14 : "Aveu èï fiqu-aToç où6e(xîa xatàçaffi; oùôè àirôçaffK;' t6 yap ëaTtv r^Eazai^ r]v i] >[\.^e-za.f., ii o<Ta âX).a ToiaOxa, ^T^jxaxa d/. tcôv xîtaévwv èoTr 7ipo(jay](i.aiv£i yàp y p6vov; Poet., 2, 20, 1457", 10-18.
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pal usage » du verbe « est de signifier raffîrniation )>K Le temps s'y ajoute à titre d'accident ; et cet accident ne lui est pas essentiel : il ne le possède pas toujours. Quand nous disons au sens de Parmcnide ou de Platon : L'être est; ou que nous formulons cette proposition matliématique : Les trois angles du triangle sont égaux à deux droits, il ne reste rien dans ces énonciations qui soit sujet au devenir, et il en va de même pour toutes les vérités scientifiques : elles dépassent les limites du temps ; elles ont quelque chose d'éternel.
Les jugements se dilTérencient d'abord par leur qualité A ce point de vue, ils sont afiîrmatifs ou négatifs 2; et, de ce chef, ils soutiennent des rapports d'opposition qu'il est capital de préciser 3. Il y a des jugements qui s'opposent entre eux de façon à exclure tout intermédiaire et qu'on appelle contradictoires ^. Telles sont les énonciations suivantes : Tout homme est blanc, tout homme n'est pas blanc^\ Socrate marche, Socrate ne marche pas ^. Il y a aussi des jugements qui s'opposent entre eux de façon à ne pas exclure tout intermédiaire et qu'on appelle contraires'^. Ainsi ces deux jugements : tout homme est juste, aucun homme n'est juste, sont deux extrêmes entre lesquels on en peut glisser un troisième qui est celui-ci : quelque homme n'est pas juste. Ce sont donc des con-