Id., Anal.pr., B
4. Id., Ibid., 21, 67", 12-26. Aristote donne ici un autre exemple, mais qui a la même signification.
espèce ; et alors on dira peut-être : « cette mule est enceinte » ^ . Nous ne percevons pas tous les rapports que peuvent avoir deux idées par le fait qu'elles nous sont données l'une et l'autre ; et de là vient la fausseté qui se glisse dans les jugements universels. De même, nous ne percevons pas tous les rapports que peuvent avoir une idée et une image par le fait que nous prenons conscience de l'une et de l'autre ; et de là vient la fausseté qui se glisse dans les jugements particuliers. Un objet quelconque une fois présent à la pensée, nous n'en pénétrons pas du même coup tous les caractères, ni toutes les relations que ces caractères peuvent avoir entre eux et avec le reste des choses : au-dessous de la connaissance en acte, il y a la connaissance virtuelle ; et là se trouve la cause matérielle de l'erreur^.
Conduit à ce point, le problème n'est pas épuisé. Affirmer, n'est-ce pas voir? Et comment peut-on voir un rapport qui n'existe pas en réalité? Comment peut-on voir ce qui n'est pas ? Cette question dont Platon a très bien senti le caractère pressant ^ et qu'il n'a résolue qu'en apparence, Aristote, nous semblc-t-il, la pousse un peu plus loin. D'après lui, comparer deux termes pour en faire jaillir la convenance ou la disconvenance, c'est « chercher » ; chercher, c'est « délibérer » ^' ; et la délibération cllc-m,cme est un acte libre de la volonté. La vo-