V. plus haut, PI
l'ame. 235
Sur ce point, Aristote n'a jamais varié, au moins clans son âge mûr : les Premières et les Secondes Analytiques^^ les Topiques ^, la Morale à Nicomaque^, la Rhétorique * sont autant de traités où il y revient et le formule avec une égale force. On n'en peut douter, il n'existe, d'après lui, que deux méthodes scientifiques : l'une par laquelle on passe de l'universel à ses éléments logiques, l'autre par laquelle on s'élève du particulier à l'universel luimême; et le particulier, c'est le sensible.
Si l'universel ne provient ni de la sensibilité toute seule ni de l'intelligence toute seule, il faut sans doute qu'il s'explique par un certain concours de l'une et de l'autre ; et telle est l'opinion à laquelle s'arrête Aristote. L'intelligence, en vertu d'une énergie intuitive qui lui est propre, « discerne l'homme dans Callias», la blancheur dans les objets blancs, le mouvement dans les corps qui se meuvent. Brusquement ou peu à peu, suivant les cas, l'intelligence dégage des phénomènes ce qu'ils contiennent d'essentiel; et l'essentiel une fois séparé de son tout physique, elle en tire des propositions universelles *. L'universel est une élaboration du sensible par l'esprit : ce qu' Aristote appelle du nom d'induction (ÈTraywY**^).
Puisque telle est la nature de l'induction, elle suppose
1. Anal, pr.f B, 23, BS*», 13-14 : aTravta yàp TrtffxeOofAev ^ 8ià au}loyi<7u.où 9) il èTiaYwyri;; Anal, post., A, 13, 81', 38-40, 81^ 1-9.
3. A, 7, 1098", 3-4; Z, 3, 1139", 26-31 -.èx TtpoYivwffxojxévwv Se Tzàdo. otSa- <jxa),ta, woTTEp xal èv toTç àvaXuxtxoï; yéyo\i.tv' i] {xèv yàp ôi' éuaytoYïi;, y] 5a ffu),),OYt<T|xû' r, jjLÈv ôr, iTzayon'^y] OLÇ>yri èazi xal toO xa96)vOu, ô oè (yu>XoYi<r[J.o; ex Tôiv xa66>.ou,,.; Z, 12, 1143", 4-5 : èx tûv xaÔ' ëxaara yàp tô xaôoXou.