‹ AristoteChapitre 190 sur 304 · A, 2, 1356% 35 et sqq · texte numérisé non relu

A, 2, 1356% 35 et sqq

5. Arist., Analpost., B, 19, 100% 14-17, 100^, 1-5; Ibid,, A, 5, 74% 30 et sqq.

des données expérimentales; et ces données sont de deux sortes.

D'abord, il en existe qui sont déjà plus ou moins élaborées : telles sont les croyances populaires et les opinions des philosophes^.

Chaque nation a des adages qui lui sont propres. Ces adages représentent un nombre incalculable d'expériences, faites et refaites par un nombre incalculable d'individus; et, par suite, ils ne sauraient être entièrement illusoires : ils forment une matière d'investigation que le savant a le devoir de ne pas dédaigner ^. Tous les hommes ont reçu de la nature les aptitudes voulues pour arriver d'eux-mêmes à la vérité ^. Ils y arrivent plus sûrement, lorsque, vivant dans le même milieu social, ils ont la facilité de contrôler leurs opinions les unes par les autres; et plus sûrement encore, lorsque ce contrôle se prolonge à travers une longue série de siècles^ : ces conditions données, il se produit dans leur conscience comme un système de jugements synthétiques, qui, pour

1. Arist., Top., A, I, 100*, 29-30, lOO", 18-23 : AiaXexTtv.è; 6è a\>)lrjyi(7[ibz ô cÇ èvSôÇojv <ru).XoYiÇ6a£vo;... evSo^a ôè xà ôoxoOvra Tcâffiv ii xoî; irXetaToiç y) xoïç (Toçotç, xal toÛtoi; ^ uâciv 9) toï; uXeiatot; ^ xotç {xàXtffTa yvwpifJLoiç xai èvSo^oii; ; Ibicf., A, 10, 104», 8-11; lOid., 14, 105», 34-37.

2. Id., Polit., B, 5, 1204», 1-5 : Aeï ôè [irioï toOto aÙTÔ àyvoeTv, ÔTt X9^ npoTÉXEiv T(o TroXXû) yip6vut xal toi; tcoXXoï; è'xeaiv, èv oî; oùx àv ëXaOev el raOta xa)w; er/EV TtâvTa yàp (T)je5àv eOpyixai (jlév. à),Xà xà (jlèv où (Tyvrjxxat, xoT; ô' où j^pwvxai Yivcôaxovxe;.

3. Id., Hhet., A, 1, 1355*, 15-17 : à{i,a Se xat âvOptoTroi upà; xè àXr]Oà; Tteçùxaffiv Ixavû; xat xà TrXetw xuyxavouffi x-^; àXr;9eia;; cf. Eth. Eud., A, 0, 1210", 2G-35 : ... l/ii yàp exaaxo; olxetôv xi 7tp6; xy)v àXyjOetav, è^ wv àvayxaîov Seixvùvat uwç Tcepi aùxûv [xwv eIwOotwv XeSytov].,.

4. /r/., FAh.Nic, Z, 12, 1143", 11-14 : waxe 55î TrpoaéxEiv xôiv èixTreipwv xat Tipecrêuttpwv ■?! çpovipiwv xaî; àvaTioôeîxxoi; qpào-ein xal ôdÇaiç oùj^ '^xxov xwv ànofieî^wv' Stà yàp to ëy eiv èx x^ç £(A7ieipia; 6[j.[ia ôpâxjiv ôpOw;.

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être plus ou moins imprécis, ne laissent pas de correspondre à la réalité des choses ^.

Il existe des traditions qui s'étendent à tout le genre humain et que rien n'a jamais pu détruire : tels sont la croyance aux dieux 2, la croyance à l'éternité du « ciel ))^, le sentiment de la valeur morale du plaisir^. A travers la suite infinie des âges écoulés, la terre a subi des révolutions sans nombre où les arts et les sciences ont mille fois disparu; c'est du moins ce qui semble probable. Ces traditions fondamentales ne se sont jamais englouties avec le reste : l'homme les a toujours sauvées de la ruine universelle, comme la partie la plus chère de son patrimoine ^, C'est donc qu'elles tiennent au fond même de sa nature; et, si leur racine est si profonde, il y a des raisons de croire qu'elles enveloppent sous leurs formes mythiques comme une âme de vérité ^.

Les philosophes se sont mis l'esprit à la torture pour découvrir l'énigme du monde; et le résultat de leur tra-

1. Arist., Eth. Eud., A, 6, 1216", 32-35 : èv. yàp tûv àXyiôwç {jlsv XeYO{J.£vwv où aaçcû; ôè Trpoîoùcnv êfftai xai to aaçui;, {JLSTaXajxSâvoufftv àii xà yvcopi^xuiepa Ttôv eîcDÔoTwv léytabai ffUY'tex^fJ'-évcoç.

2. Id., Met., A, 8, 1074*, 38, 1074^ 1-3; De cœl.,A, 3, 270*>, 5-9.

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