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l'ame. 241
question de tout ce qu'elle contient d'accidentel ou d'erroné; et ce moyen est multiple.
Lorsqu'il s'agit de propositions traditionnelles ou philosophiques, on prend d'abord une à une toutes celles qui portent sur un même objet, afin de les soumettre séparément au contrôle de l'analyse rationnelle. En premier lieu, l'on cherche, à propos de chacune d'elles, s'il faut l'entendre au sens naturel ou bien au sens figuré i. Cette opération faite , on s'applique à préciser de combien de manières elle peut se dire ^ ; et, pour le trouver, les procédés sont divers. On la considère en elle-même, afin de démêler les différents aspects que présentent son sujet et son prédicat ^. S'il s'agit, par exemple, de cette pensée partout admise : « le plaisir est chose bonne », on se demande s'il n'y a pas plusieurs sortes de plaisirs ; on se demande ensuite s'il n'y a pas aussi plusieurs sortes de biens. Et l'on trouve en fait que l'un et l'autre de ces deux termes prennent des acceptions très diverses. Les plaisirs n'ont pas tous la même qualité, ni la même valeur morale ^. Le mot de « bien » reçoit toute une série de significations, suivant qu'on l'affirme du plaisir, d'une médecine, d'un aliment ou de la vertu ^ : il devient tour à tour fin, moyen, cause et qualité. Après l'examen direct de la proposition donnée, on passe à une sorte d'examen indirect qui se fait par voie d'opposition : on prend la contradictoire, puis la contraire, s'il y en a une ; et l'on recommence à leur égard le
1. Arist., Top., A, 15, 107", 36-39, 107^ 1-5, 19-26; Ibid., 107^ 18-20.
2. /(/., Ibid., 13, 105% 23-24; Ibid., 15, 106% 9-10; Ibid., A, 18, 108% 18-