Id., Top., A
3. Id. Ibid., A, 14, Î05% 19-29; cf. Eth. Nie, A, 7, 1098% 3-4. — C'est à l'induction, en tant que procédant par voie comparative, qu'Aristote doit les
les plus obvies. Ce n'est pas au terme du développement scientifique qu'elles apparaissent, c'est à son début; car elles sont données dans tout acte de connaissance. Impossible de percevoir un être quelconque sans y concevoir l'être; et, l'être une fois trouvé, le principe de contradiction est l'affaire d'une simple remarque de l'esprit. Impossible d'observer des choses qui deviennent sans avoir l'idée du devenir ; et l'idée du devenir mène tout droit au principe de causalité : ce qui se forme ne se forme pas de soi-même, il y faut l'intervention d'une énergie. Dès que l'on fait quelque attention à l'ordre de la nature , il vous vient à la pensée qu'il peut y avoir des fins en dehors de nous, comme en nous; et de là une première ébauche du principe de finalité dont le développement s'opère ensuite avec la science elle-même et s'achève dans la découverte de la pensée première. Ce que l'intelligence saisit d'emblée dans les phénomènes, ce n'est ni la diversité des éléments ni leur savante structure ; elle ne pénètre jusque-là qu'au terme de longs et multiples efforts, qui sont d'ailleurs souvent infructueux : l'œuvre du savant n'est pas facile ^. Nous apercevons d'abord dans les choses ce qu'elles ont de plus général; et ce qu'elles ont de plus général, c'est de présenter un certain arrangement, c'est de devenir, c'est d'être surtout ~.
traits (l'analogie qu'il a relevés entre les espèces vivantes (p. 158-lGl); et ce moyen di^ découverte est encore l'un des plus féconds qu'ein|)loie la science moderne. Saisir des analogies, voilà le trait distinctif du génie.
1. Ahist., Anal. post.,A, 9, 76", 20-30 : y^a.lzKOv o' ia-zl t6 Yvwvat et oIôîv yj [ii\. xaÀeTiôv yàp Toyvwvai tl èv. tcLv iy.(xnio\) àçiyîôy t(i(X£v r\ \iy\- ônzp èaai to ei- Sévai... Le dogmalisine dArislole a ses limites.
2. Id., Phys., A, 1, 184', 18-24 : où yàp TaÙTàT)(xïv Te yvwptjxa xat ànlMz. AtOTiep àvàyxv] TÔvxpoTrov to-jtov upoocyeivèx twv âaa^eaTe'pwv pivr^ çûast i^ixiv ôè rra'feTxéptov inl xà caipÉarepa x^ ç-jaet xai yv(j)pt[J.(i')T£pa. "Kaxt ô' t?i[xiv 7i:p(r)T0v cy;),a xai aa^vj xà aM^CKf/yiié-^OL (j,à),Xov udxepov ô' èx xouxcav yivexai y^û)Çii[j.cx xà
L'induction d'Aristote est donc assez dilférente de l'induction socratique et platonicienne. Elle se fonde encore partiellement sur « les discours des hommes « ; mais, en même temps, elle accorde à l'observation directe une importance infiniment plus grande. De plus, Socrate et son disciple espéraient obtenir par voie inductive la définition de chaque chose; Aristote assigne à cette méthode un rôle plus modeste : elle sert principalement, d'après lui, à découvrir les prémisses dont le syllogisme a besoin comme base d'élan K
L'induction n'épuise pas la réalité. Outre les propositions universelles qu'elle fournit par simple intuition ou
(TTor/ela xai al àpxal SiatpoOai xaÙTa. Aiô ex t^ov xa06)>ou è7ri -à xaO' ëxaaxa Seî Tipoïévai II ne s'agit pas ici de touts seiisibles, mais de touts intelligibles. C'est ce qu'indique assez clairement la suite du texte : Tzinov^t ôèraÙTOToÙTo TpoTTov Tivà xal Ta ôv6[xaTa Ttpô; tov ),6yov ôXov fiç, rt xai àStopioTtoç (ryifxatvei, oîov ô xjxXo;. Aristote a soin de définir ce qu'il entend par tout (ô>ov) : c'est une essence, une quiddité (ôxuxXoç). Il précise encore sa pensée en ajoutant: ô 5è ôpi<T|Ao; aÙToO Siaipeï elç ta xa6' ëxa^xa; il n'y a qu'un intelligible qui puisse fournir les éléments de la définition. Enfin, l'exemple auquel il a recours à la ligne suivante ne laisse plus aucun doute sur le sens de la donnée synthétique {a\>yxc-/y[Lé\a.) dont il parle : Kat ta uaiSia tô (xèv upûTov Tcpcffayopeuei uàvraç toù; àvSpa; Traxspa; xat {XTirépaç Tàç vuvaîxaç, ûtTTepov 6è StoplÇet toOtwv éxàtepov.
D'ailleurs, le passage des Topiques (Z, 4, 141»', 3-14), qui exprime la même idée que relui de la Physique^ est d'une telle clarté qu'il se passe de commentaire. Il est vrai que, dans les Secondes Analytiques (A, 2, 1\^, 33-34, 72*, 1-5), Aristote dit que les universels sont ce qu'il y a de plus éloigné : êffT!, ôè TToppwTaTu) {jLÈvxà xaôdXou (xàXtaTa, èYYyfôtTto 8e ta xa6' exaaxa; et l'on trouve la môme manière de dire dans la Métaphysique (A, 2, 982% 23-25). Mais, évidemment, il n'est question, en ces deux endroits, que de la manière dont s'échelonnent les résultats de l'analyse rationnelle. Nous préférons donc l'interprétation de saint Thomas {S. Th., 1*, q. 85, 3) à celle de Zeller (II, 2, 197, 21).
1. Akist., Anal, post., A, 2, 72», 7-8 : àp/r) 6' ècttiv àKOÔet^eox; irpotaffiç dtxe<TOç, âjjLeaoç 6à r,z jxiq è<7Ttv à).XT] TipoTÉpa.
par voie d'analyse, il y a des propositions de même nature qui ne s'obtiennent qu'à l'aide <( d'un moyen terme » ; et la méthode par laquelle on les obtient s'appelle démonstration syllogistique.
Toute démonstration est un syllogisme, mais tout syllogisme n'est pas une démonstration ^ Il faut donc étudier séparément ces deux opérations de l'esprit et montrer ensuite comment elles s'appellent l'une l'autre.
Faire un syllogisme, c'est juger du rapport de deux représentations à l'aide d'une troisième -. La proposition qui exprime ce rapport s'appelle conclusion^. Le sujet et l'attribut de la conclusion s'appellent extrêmes^. Des deux extrêmes, le premier, qui a généralement moins d'extension, porte le nom de petit terme; et le second celui de grand terme, pour une raison contraire^. On dit de la représentation qui sert à faire voirie rapport des deux autres, que c'est le terme moijen^.
Ainsi, tout syllogisme a trois termes et n'en a jamais davantage^. Par contre, tout syllogisme contient deux prémisses et n'en peut contenir que deux^ : l'une qui
1. Arist., Anal, pr.. A, 4, SS*", 30-31 yj (jlev yàp àTroSetÇn; cruV/oyiafxôi; xiç, ô (Tu)>)oYi<7[J-o<; 6è où Ttàç àTrôoet^i;.
2. hl., Ibid.y A, 1, 24^ 18-22; Top.,X, 1, 100», 25-27; Anal, pr., A, 23, 41», 2-4.