Id., Anal, post., B
3. /rf., Ibid., B, 5, 91% 24-27; Ibid., 91% 28-39, 92% 1-5. i.Id.,rbid., B, 4,91% 14-16, 33-39, 91% 1-11.
Quant à la démonstration, elle ne fournit pas de définitions par elle-même ou n'en fournit que d'imparfaite. Supposé que l'on fasse le syllogisme suivant, tiré de la psychologie platonicienne :
Tout principe de vie se meut lui-même j Or rdme est un principe de vie ; Donc elle se meut elle-même ; on n'obtient pas une définition^. Car on apprend bien par là que la puissance de se mouvoir soi-même convient à l'âme ; mais l'on ne sait pas si cette puissance ne convient qu'à elle : ce qu'il faudrait pourtant connaître.
Supposé maintenant que l'on donne au même syllogisme cette autre forme, qui est la plus favorable :
L'essence de tout principe de vie est de se mouvoir soimême; Or l'âme est un principe de vie; Donc l'essence de l'âme est de se mouvoir soi-même ;
on n'obtient alors qu'une définition imparfaite. Car, dans ce second cas, la puissance de se mouvoir soi-même n'est pas « un principe », c'est un dérivé de l'essence de l'âme : c'est un propre. Or la définition ne porte pas sur les propres, à parler rigoureusement; mais sur leur cause.
1. Il y a trois sortes de définitions : eartv (5cpa6pi«r[xo; si; jxèv ^ôyo; toO xt t(TTiv àvaTiooeixToç, el; Se <tu),Xoyi<71x6; toO ti iazi, niûi<sKi ôtacpepcov tviç àitoûeiÇeo);, rpÎTo; 6è xri; ToO xt âdxtv àuooeîÇso); (TujjLTrépaojjLa {Anal, post., B, 10,94*, 11-14; V, aussi Ibid., A, 8, 75*», 30-32; sur le sens de itTcotrei, Géaet, consuller Ind. Arist., 327", 25-29). La conclusion peut donc «'^tre une définition; mais cette définition est toujours imparfaite : vOv ô'wimEp (TufjLTre^ocirjxaO' ol Xdyot Tôiv opwv elffiv. Et, si elle n'est qu'imparfaite, c'est qu'elle ne remonte pas jusqu'à la cause, ou du moins ne nous apprend pas qu'elle y remonte : où yàp (jlovov tô ÔTi 8eï TÔv ôpicrTtxôv Xôyov S"/]XoOv, onjiztçi ol 7t),£t<7T0t t(Ï)v ôpwv ),£YOU(Tiv, àXXà xai Tr]v ahiav èvuTiâpx^t'^ ^aî IjjiipaiveîOai. Par suite, lorsque Aristotedil, non seulement dans l'objection que contient le chapitre 4* du livre II des Secondes Analytiques, mais encore dans la réponse à cette objection {Ilnd., 8, 93", 15-20,9, 21-28), que la démonstration ne donne pas de définitions, c'est seulement de définitions parfaites qu'il s'agit.
l'amk. 263
Par contre, la démonstration joue un rôle important dans la manière dont se forment les définitions, dès qu'elles présentent une certaine aspérité. L'induction alors ne suffit pas à les construire; il faut recourir au syllogisme ^ C'est ce que fait Aristote lui-même dans sa définition de l'âme : il y emploie tour à tour l'intuition rationnelle, l'analyse et le raisonnement, suivant la nature de la difficulté qu'il rencontre sur sa route.
La définition une fois donnée, on lui fait subir une série de contrôles, qui sont comme une sorte d'expérimentation rationnelle. On se demande à nouveau si le genre découvert en est bien un genre et le genre prochain 2. On se demande également si la différence ellemême ne serait pas un genre, un propre, ou bien un accident 3. Et à ce propos, Aristote expose tout un ensemble de règles qui témoignent d'une étonnante sagacité : il a vu, dans leurs plus infimes détails, tous les cas d'inexactitude que peut présenter la définition.
La science, considérée dans son ensemble, est un système de définitions parfaites. Son but est de faire connaître les choses par leurs raisons d'être ; et ces raisons d'être, ce sont les définitions parfaites qui les fournissent.
Par là même, la science l'emporte en dignité sur
1. Arist., ^naZ. post., B, 8, 93", 15-18; /ôic?., B, 9, 93^ 25-28 :.Tàiv S' è'/ov- Ttov (xéffov, xal (ov ècTÎ Ti éxepov aÎTiov ttjÇ oOaîa;, eori ôi* àuoSe'l^sa);.
2. Id., Top., B, 2, 109*, 34-38, Ibid., A, 1, no»», 15 et sqq., 36 et sqq.; 121", 27-39, 121", 1-14; Ibid., 5, 126*, 3 et sqq. : nous n'indiquons que les passages où sont formulées les règles principales.