‹ AristoteChapitre 212 sur 304 · Id., Top., Z, c · texte numérisé non relu

Id., Top., Z, c

toutes les autres synthèses mentales : elle est comme le terme suprême vers lequel elles s'échelonnent sans jamais Tatteindre.

L'expérience réalise déjà une certaine réduction du multiple à l'un : c'est une image composite qui se forme dans la mémoire et représente les traits communs à plusieurs cas analogues ^ ; et, de ce chef, elle dépasse la sensation, elle s'élève au-dessus du particulier. Mais sa généralité est essentiellement relative : elle a pour limite les phénomènes observés. Au contraire, la généralité de la science est absolue : elle s'étend à tous les faits de même espèce existants ou possibles.

L'opinion dépasse l'expérience en extension : les énonciations qu'elle comprend sont universelles aussi bien que celles de la science. Mais elle ne suffit pas à montrer le lien logique qui en rive le sujet et l'attribut ; et, par suite, il se peut toujours qu'une fois ou l'autre l'on y découvre une erreur, au lieu de la vérité 2. La science, au contraire, n'admet aucune proposition qui ne se fonde sur une exigence essentielle et clairement connue^; et, comme une telle exigence ne saurait manquer, elle est sûre de ne jamais avoir de démenti : ses arrêts sont infaillibles*.

Les propositions apodictiques elles-mêmes sont à certains égards au-dessous de la science. Elles lui ressemblent, il est vrai, par l'universalité et la nécessité qui les caractérisent; mais il reste juste de dire qu'elles ne sont

1. Arist., Anal, post., B,19, 100», 4-8; Afe^., A, 1, 980^ 27-29,981% 1-2; T. plus haut, p. 233.

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