De mot. an
2. AuiST., Eih. Nie, A, 13, 1102*, 26-28 : XéYetatSèTrepiaÙT^; [4'^X^î] ^^ "^o^^ éÇwTEpixotç Xoyoi; àpxoûvTœ; ëvia, xai )jpy)(TTéov aùxoîç* oIovto [xèv àXoyov aOTîj; elvat, xô ôè )6yov è^ov; Ibid.,Z, 2, 1139*, B-b;Elh, mag.. A, 1, 1182^ 23-27; Ibicl., 5, 1185S 3-5; Eth. Eiid.,)à, 1, 1219^ 27-32; Ihid., 4, 1221^, 27-31. Aristote admet ici la division du Philèbe, et parce que la question n'a pas besoin d'une précision plus grande (v, plus haut, p. 152).
3. ld.,Eth. Nie, Z, 2, IISO", 5-12 : vOvoà itepi xou Xôyov ê5(ovxo; tov aùxov xpÔTTov Siatpexéov xal ÛTtoxeiaôw ôOo xà Xoyôv ëyovxa, ëv (xev io ôewpoùfjLEv xà xoiaOxa xôSv ôvxwv ôawv al àp^at |xr) èvo£)jovxai àllon; ê^etv, ev 6è uy xà èvôeyô- {leva*... ),6Yéa6to 6e xoûxwv xo [xàv êjitaxrifjLovixôv xo 6è XoyKTXtxov x6 yàp pou- ).euecrOai y.al ^oyîtieaeai xaùxov..., 26-31; Polit., H, U, 1333% 23-25 : BéXxtov 5È xô Xoyov ë/ov Si'^ipyixai xe Sr/y), xaO' ôvTiep El(jo6a(j,ev xpoTiov Staipetv 'G [J.èv yàp Trpaxxixôç iazi )6yo;, 6 6è ôewprixixôç ; De an., T, 10, 433", 14-15 : oionipi^^zi th. [6 npaxxixo; voOç] xoO ÔewprjXvxoO xw xeXei; Jbid., F, 7, 431'', 6-12; Ibid., Y, 9, 432", 20-29.
4. Id., De an., B, 3, 414'», 2 : "Ope^i; |J.£v yàp èTct0u|xiaxai6u|xôçxai Poû/.yiat;; Mc^, A, 10, 1369% 2-7.
5. Id., Eth. Nie, Z, 2, 1139'', 23 : r, 6è Trpoatpecrt; ôpe^; PouXeuxixvi ; />(? Wio^. an., 6, 700'', 23 : y) ôc Trpoaipeffi; xoivov ôiavoiaç xai ôpé^eco;; Eth. Nie, r, 5, 1113% 10-11.
6. Id., Dean., B, 3,414", 5-6 : ToO yàp fjôio; ôpE^i; auxr] [é7riOu|x;a] ; /i/ic/..
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relèvent l'un et l'autre que de la raison, et forment comme deux aspects de la tendance qui lui est propre. Par suite, le plaisir et la douleur, la joie et la tristesse peuvent encore les accompagner ou les suivre; mais ces phénomènes émotifs n'en sont jamais la cause ^ : considérés en eux-mêmes, le vouloir et le choix sont deux modes de l'amour de l'ordre pour l'ordre.
A d'autres égards, ces deux phénomènes présentent des différences profondes. Le vouloir porte sur des fins 2; et, à ce titre, il est toujours nécessaire de quelque façon. Il l'est conditionnellement, lorsqu'il s'agit de fins que nous nous sommes déjà posées; car alors il ne nous reste plus qu'à délibérer sur le moyen de les atteindre ^ . Il l'est absolument, lorsqu'il s'agit de la fin par excellence qui est le bien en soi, ou l'ordre naturel des choses. Car cette fin-là, nous ne nous la posons pas; elle s'impose à nous par le fait que nous sommes des êtres raisonnables. La raison, en effet, n'implique pas seulement la connaissance mais encore l'amour de l'ordre ; et cet amour fait partie de son essence : par elle-même, elle ne saurait s'en écarter. Non point que la raison ne puisse se tromper; mais, quand
A, 10, 1369», 2-3 : î<txi 6' ^i [xèv poû).7](Tt(: àyaOoO 5p£|i;; Eth. Nie, T, 6, 1113", 23-24 : àpa çatéov â7i),ô>; p.£v xar' àXiQÔeiav pou)vr,Tov eTvai TaYaBov, éxà^Tw 8è TÔ cpaiv6(X£vov; De an., F, 11, 434^*, 7-9 : y) èï pouXeuTixy; èv toï; XoykttixoÎc* Tcotepov yàp irpà^çi T<$8e î) t66s, Xoyktiaoù t^Sv) èaxiv êpYov xaî àvaYXY] évi [le- Tpeïv TÔ ixeî;;ov Yàp oiwxei (v. G. Rodier, Ouvr. cit., t. II, p. 553).
1. AiiiST., Hhet., B, 4, 138r, 6-8; Eth, Eud., B, 10, 1225S 30-31 ; Top., Z, 8, 14Gb, 1-2 [?].
2. Id., Eth. Nie, r, 4, 1111", 26-29 : yj {lèv pouXyiai; xoO xéXou; è<TTi |xâÀ).ov, T?) Sènpoaipeffi; xàiv Trpôçxè téXo;, olov uYiaîveiv pou).o[xe9a, Tcpoaipovjj.eQa 6è 6',' u)v uYiaivoùjASv, xai eOôai^iovetv pouXôpLeôa (xèv xal çajjLÉv, -jrpoaipoutJLeOa ôè XÉYeiv oOx àpiJLÔÎ^et ; Ibid., 6, 1113", 15.
3. 1(1., Ibid., r, 5, lin»», 11-16 : ... 'AUà ôéjjievoi téXo; ti, Ttôi; xai 5tà tCvwv
elle se trompe, ce que l'on veut n'est jamais tel bien, c'est toujours ce que Ton croit être le bien ^.
Le choix, au contraire, porte sur les moyens-; et il dépend de nous : il est libre 3. Lorsqu'une fin nous est donnée, nous cherchons les difî'érentes voies qui peuvent nous y conduire ; nous pesons les avantages et les inconvénients que présente chacune d'elles. Et, l'instruction une fois close , nous sortons par nous-mêmes de notre indétermination : nous tirons de notre énergie une décision qui ne vient que de nous et qui, comme telle, échappe à toute nécessité. L'autonomie de nos résolutions est un fait d'expérience intime^. De plus, ce fait a son rayonnement dans les lois sociales et la manière dont nous apprécions la conduite de nos semblables. On ne blâme pas quelqu'un d'être né cul-de-jatte; on s'avise encore moins de l'en punir ou de l'en déclarer responsable : on s'apitoie sur son sort. Le blâme et la punition ne tombent juste que lorsqu'on les inflige à des personnes qui ont pu ne
1. kMST.,Eth.Nic.,e, 1113*, 23-24; De an.,T, 10, 43:}% 24-27 : ÔTavSèxaxà TÔv Xoyiffixov xivrîTai, xai y.atà pou).yi(Tiv xtveiTai" yj ô' ôpeÇi; xtveï Ttapà xov Xoyta- (i.6v Yj yàp èTïiôufxia ôpe^iç ti; èdTiv. voO; {xèv oviv 7cà; ôp8($;' ôpeÇiç ôè xalçav- Taffia -/.ai ôpOy; xal oùx ôp9:o; Eth. Nic.,E, 11, 1136", 7-8 : ovits yàp poûXetai oùOei; ô (xr; otexai e'ivai CTTrouSaîov; Bhet., A, 10, 1369*, 3-4 : oùSet; yàp Pou- Xexat à),).' i\ ôxav olrfiri eivai àycL%v.
2. /</., Eth. Nie, r, 4, lllP, 2G-29; Ibid., 5, 1112^ 11-21, 32-34; Eth. Eud., B, 10, 1226^9-l3; /6i^., 1227», 5-9 ; Ihid., 11, 1227 , 25-30.
3. Id., Eth. Nie, r, 5, 1112», 30-31 : PouXeu($(i.£Oa ôè 7:epi twv éç' Yitxïv TïpaxTwv; Ibid., 1112*', 26-28 : éàv ôè ouvaTov <paivY]Tat, èyytiçovai irpàxTsiv. Ayvaxà 6è à 8i' f,jxu)V tcw; èffTtv... i^ yàp àçyr\ âv ykxÏv; Ibid.,i, 1111", 4-31. En ce dernier f>assage, Arislote distingue le choix de l'appélit sensible (i7ii8u{xîa), du courage (0u(x6;), du vouloir (PoO)>>i<Ti;); puis il conclut : ô).a)C yàp eotxev t^ irpoaîpeatç Ttepi xà è©' y,|jlïv elvai; Eth. Eud., B, 10, 1226'*, 16-17 : ôr-.Xov oxi V) îrpoatpeot; (jlév èctxiv ôpe^ic xwv èç' auxû PouXeuxixt^.
4. Id., Eth. Nie, T, 7, 1113", 21-23; Eth. viag., A, 10, 1187', 29-39, 1187", 1-20; Eth. Eud., B, 6, 1222''-1223\
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pas faire le mal qu'elles ont fait ; et la responsabilité suppose toujours la liberté. Ainsi de la louange et des récompenses elles-mêmes : on ne loue pas, on ne récompense pas non plus un homme pour son génie, mais pour le bon usage qu'il en fait^.
L'homme est donc le principe de ses choix, et, par ses choix, le principe de ses actions 2. C'est là ce qui le distingue de tous les autres êtres : c'est son privilège 2. Or ce privilège, qui lui donne la possession de soi-même, requiert deux conditions essentielles. On ne délibère pas sur les choses nécessaires, et par suite on ne les choisit pas non plus; on se borne aies accepter : on ne choisit que ce qui peut être et ne pas être*. De même, on n'aurait pas la faculté de choisir, si l'on était contraint au dedans de soi-même par les motifs de ses actions ou la nature de son activité : pour prendre une décision, il faut aussi que
1. Arist., Eth. Nie, r, 7, lllS"», 21-32; Eth. mag., A, 9,1187», 13-29; Eth. Eud., B, 6, 1223», 9-16. Dans ces différents passages, on trouve derechef et à plusieurs reprises une confusion regrettable du spontané et ilu libre; toutefois, l'idée dominante d'Aristote ne souffre pas de doute : pour lui, tout ce qui est libre est spontané; tout ce qui est spontané n'est pas libre. Et ce que le libre ajoute au spontané, c'est la réilexion : i\ yàp Tipoaipeoriç ^jLeTàXôyou xal ôiavotaç.
2. Id., Eth. Xic, Z, 2, 1139% 31-33 : Tipà^-w; [jiv ouv àpxyi îïpoaîpsTtt:, Ô6ev T?i y.tvYi(jtç àXX' eux ou evsxa, Tipoatpéiewç 8è ôps^t; xal Àoyo; ô êvsxâ tivo;; Ibid., 1139", 4-5 : 5io yj ôpev.Tixoç voù; t?i Trpoatperrt; y; ôpe;tç ot.avor^uv.r\, xal y) ToiauTY] àçyri àv9pa)7ro;', Ibid., T, 7, 1113", 14-21 : l'homme es! le père de ses actions, comme il l'est de ses enfants, yevvriTifjv tûv Tîpi^ecov ajairep xaî xév.vbi'j.
3. Id., Eth. Eud., B, 6, 1222^ 18-20 : Ttpo; 8ï toutoi; ô y' àvôpwTro; xal Tipi^etov Tivtov ècTiv àpx'ô aôvov tûv 2Jwwv t^ôv yàp à),)a)v oùGsv eÏTrofjLev àv TtpaTTetv.
4. Id., De an., T, 10, 433», 29-30 : oÙTiâv oé, zo TipaxTov àyaOov, ITpaxTov 5' ia-zl TÔ èv£ex6[xevov -/.où â».a); lyzi^; Eth. ISic, T, 5, 1112% 21-34, 1112", 1-9; !bid., Z, 4, 1140», 1-2; /6irf.,5,1140% 31-35, 1140", 1-6; Elh. End., B,10, 1226», 20-33.
l'on puisse ne pas la prendre K Le choix suppose la contingence au dehors de nous et en nous, dans rohjet sur lequel il porte et dans le sujet qui l'élève de la puissance à Tacte.
Le vouloir et le choix ne relèvent pas de facultés différentes : ce sont deux modes d'un seul et même principe 2 que l'on peut appeler du nom d'appétit rationnel ou de volonté. Mais ni l'un ni l'autre de ces deux termes ne se trouvent dans les œuvres d'Aristote ; ils sont venus plus tard, et le premier est de saint Thomas d'Aquin^.
Poussée à ce point d'acuité, la théorie de la volonté humaine constitue un progrès considérable sur les systèmes anté-aristotéliciens : elle renferme une analyse de l'acte libre qui va jusqu'au fond du problème et qui demeurera toujours. Mais il semble bien qu'elle n'échappe pas encore complètement au déterminisme. D'après Aristote, on veut nécessairement le bien rationnel. On veut donc aussi de la même manière toutes les actions qui concourent à le réaliser en nous et autour de nous. Et dès lors, il n'est plus possible de prendre parti pour le mal; il n'est pas môme possible de prendre parti pour le moins bon; car le moins bon est mauvais par rapport au meilleur : on retombe dans le fatalisme moral dont Socrate et Platon n'avaient point su se délivrer complètement.
Saint Thomas a remarqué ce vice caché de la doctrine du « maître » et s'est efforcé d'en prévenir les suites. D'après lui, nous ne connaissons que d'une manière im-