‹ AristoteChapitre 222 sur 304 · S. Th., 1* 2*, q. 1, 2; S. c. g., I · texte numérisé non relu

S. Th., 1* 2*, q. 1, 2; S. c. g., I

parfaite les liaisons de nos actes avec leur fin suprême : il y reste toujours quelque ombre d'incertitude qui vient de la faiblesse de notre entendement. C'est là ce qui nous sauve de la nécessité : La liberté habite, comme l'erreur, entre le plein savoir et l'absolue ignorance K Et cette modification elle-même est une idée d'Aristote intégrée par l'Ange de l'École dans sa philosophie de la volonté : Aristote aussi a fait observer que rien n'est fort comme la science et que, si Ton cède au plaisir, c'est parce qu'on n'a pas la connaissance adéquate des choses 2.

De la liberté découle la responsabilité; et grand est son domaine.

Nous ne répondons pas seulement de nos actions libres ; nous répondons aussi de celles qui ne le sont pas, toutes les fois que nous en avons librement posé la cause. On peut imputer à l'ivrogne les conséquences fâcheuses qui résultent de son ivresse ; car, s'il « ne sait point ce qu'il fait », il n'agit cependant pas <( par ignorance », vu qu'il s'est mis librement dans l'état où il se trouve^. Ainsi des autres passions, du libertinage, de la « fantaisie^ » et des maladies corporelles qui viennent de notre négligence ou de notre mauvaise conduite 5. En vertu du

1. s. Th., V, q. 82, 2; f, q. 83, 1. Il n'y a là d'ailleurs qu'un aspect de la théorie de saint Thomas : ce n'est pas seulement par l'imperfection de la science morale, mais aussi par la valeur relative des biens créés qu'il explique lechoix.

2. Arist., Eth. Nie, 5, lU?*», 14-17. V. Socrate, conclus., pp. 265-266 (Collection des Grands Philosophes).

3. Id., Eth. Nic.^T, 7, 1113**, 30-32 : xaî yàp ÈTt' aùxô) tw àYVoeTv xoXàî^ouatv, èàv aiTio; eivai Soxtj tï]; àyvoîa;, oîov xoîç {leQuouffi SvjiXôc xà eTriTÎfjiia* i?) yàp àp)(T) èv aÙTôi* xOpto; Y^p toû {x9) (leOuaôïivoR, toùto ô' aixiov xr,; àyvoîa;; Ibid., 2, 1110^ 24-30; /6i^/., E, 10, 1136% 5-9,

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